Lundi dernier, le 10 septembre, la compagnie Quacquarelli Symond (QS) plaçait une fois de plus l’Université McGill parmi le top 20 des universités au niveau mondial, dix-huitième pour être exact. Preuve que le pari d’excellence pris par l’administration de l’Université porte toujours ses fruits.
Excellence, oui, mais à quel prix? Pour l’administration, cette excellence semble en fait trop souvent rimer avec inaccessibilité.
L’inaccessibilité de cette même administration, cloitrée aux plus hauts étages entre les quatre murs du bâtiment James Admin et protégée par des mesures de sécurité renforcées dignes du moyen-âge. Les mêmes mesures de sécurité qui, suite aux occupations de l’an passé, ne devaient être que «temporaires». Ou du moins, c’est ce que Morton J. Mendelson, premier Vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante nous laissait entendre l’an passé. Avec cette lassitude dans ses définitions M. Mendelson pourra bientôt se porter candidat pour un poste au ministère du Revenu national, là où la loi Canadienne relative à l’impôt sur le revenu est elle aussi «temporaire» depuis la première guerre.
Autre mur de la forteresse : le fossé salarial qui ne cesse d’augmenter entre l’administration et ses employés de soutien et qui n’aide pas l’esprit d’inclusion. Olivier Marcil, Vice-président aux relations externes, qui affirmait la semaine passée que «les questions salariales font partie d’un avantage compétitif», semble appliquer cette maxime exclusivement aux plus hautes marches du pouvoir universitaire. Une stratégie qui non seulement crée des tensions entre les différents paliers de travail, mais qui n’est pas soutenable sur le long terme. C’est bien de vouloir «emmener les administrateurs qui sont de la plus grande qualité possible», mais au jour le jour ce ne sont pas les administrateurs qui font rouler l’Université.
Cette fameuse excellence, sur le long terme, ne peut être maintenue que par une université en santé à tous ses niveaux – et plus particulièrement à sa base. Car après tout ce sont les étudiants, les professeurs, les libraires qui sont en mesure de construire cette excellence.
Marcil a été repris un peu partout dans les médias au cours de la semaine en affirmant que c’était «un miracle» que McGill soit toujours parmi les vingt premières places, mais que la situation financière au Québec risquait d’éroder cette position l’an prochain.
Si McGill est beaucoup plus susceptible que toute autre université québécoise aux fluctuations de marché, c’est entre autres parce qu’elle tire 32% de ses revenus par l’entreprise du privé, selon le Rapport de Recherche de Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) publié en Janvier 2012. Soit à travers les “dons, subventions non gouvernementales, revenus de placemenvt et ventes externes”.
De telle façon que M. Marcil ne semble pas se tromper: sous le modèle entrepreneurial actuel de l’Université, l’excellence est temporaire.


