L’art conceptuel: un art de contre culture
20 mars 2012
Malgré une articulation quelque peu décousue, l’exposition Trafic, intéractive et pluridisciplinaire, reste à découvrir jusqu’au 28 avril 2012.

Un mur, un film en noir et blanc, deux hommes nus debout au milieu d’une rivière. Ils se font face et s’observent. La vidéo porte une attention toute particulière au langage de ces deux corps et au lieu dans lequel ils se trouvent et interagissent.

Voici les premières images qui s’offrent au spectateur lorsqu’il franchit les portes de l’exposition Trafic proposée par la Galerie Leonard & Bina Ellen. Cette galerie, fondée en 1966 et située sur le campus de l’Université de Concordia, se fait l’agent de l’art contemporain canadien et international.

Collection de la Vancouver Art Gallery
La galerie promeut l’art conceptuel par six expositions majeures annuelles, des conférences d’artistes et de commissaires, des projections de films et des tables rondes. La galerie, dont la ligne directrice est incontestablement l›art contemporain, ne délaisse pas pour autant les pratiques et les questions artistiques du passé. Ces pratiques restent, néanmoins, toujours analysées et présentées dans une perspective moderne.

L’exposition Trafic découle d’un parti pris: l’art conceptuel au Canada 1965-1980, Volet 2. Cette exposition, qui regroupe le travail de plus de soixante-dix artistes canadiens et internationaux, cherche à cerner la nature de l’art conceptuel, son idéologie, ses pratiques et ses enjeux. La tentative de définition s’applique aussi à mettre en contexte spécifiquement le développement de ces pratiques conceptuelles au Canada.

L’art conceptuel, courant artistique apparu dans les années 60, fut, sans doute, l’un des mouvements les plus transformateurs de la fin du XXe siècle. Le développement de ce courant fut très fortement influencé et marqué par les troubles politiques d’après-guerre tels que les mouvements étudiants et féministes.

Le mouvement international dynamique, présent aussi bien en Amérique latine qu’en Europe, se caractérise par une forte réaction à la modernisation des institutions étatiques, à la démocratisation de la culture et au fleurissement d›une culture consumériste et marchande. Un foisonnement d’idées et d’expérimentations soutenu par l’émergence des nouveaux médias de communication et d’information ouvre aux artistes de nouvelles possibilités d’expression et qui permettent aussi l’inclusion des artistes ruraux.

L’art conceptuel s’appuie directement sur les nouveaux médias pour redéfinir les composantes sociales et politiques qui s›opposent ainsi à la culture marchande.

Les artistes s’attachent à produire de l’art en ne tenant plus compte des catégories et des distinctions traditionnelles.
Il n’est plus nécessaire de créer l’œuvre pour qu’elle existe, l’art en tant qu’idée prime, éclipsant la conception de l’art en tant qu’expression individuelle et personnelle de l’artiste. L’objet est donc et perd son autonomie ainsi que son authenticité.

Un second volet qui se concentre donc sur les pratiques artistiques con dématérialisé ceptuelles de Vancouver, Calgary, Halifax et Winnipeg. Le premier volet, présenté en début d’année, explorait celles de Montréal et de Toronto. Un découpage géographique de l’exposition en deux volets pour ainsi mieux appréhender le contexte dans lequel ces pratiques se sont développées. Trafic est l’une des premières expositions majeures à explorer l’influence et la diversité de cet art au Canada et à insister sur l’effervescence créatrice des échanges entre les centres urbains et les milieux ruraux.