Matière d’environnement
28 février 2012
Lettre ouverte de David Boulet St-Jacques, en réponse aux actions du gouvernement canadien.

Je suis un terroriste. Quand je voyage à l’étranger, on n’a pas peur de moi, mais je suis un terroriste. Je n’ai jamais souhaité ou agit en faveur de la mort de quelqu’un, mais je suis un terroriste. Je n’ai pas commis d’actes violents, mais je suis tout de même un terroriste. Je paye mes impôts, je tonds mon gazon, je déneige mon entrée, je regarde le football le dimanche soir, je porte des jeans et j’étudie à l’université, mais, malgré moi, je suis un terroriste. Là où je vis, mon gouvernement se méfie de moi. Il pense que je représente un danger pour sa sécurité interne. Il autorise même les services de police à enquêter sur moi.

Qu’ai-je fais pour mériter mon titre? Il y a quatre ans, j’ai décidé que j’aimais et que je défendrais l’environnement. Depuis, j’ai utilisé Facebook pour dénoncer l’exploitation des sables bitumineux, une ressource qui cause plus de gaz à effets de serres que certains pays en entier. Il y déjà plus d’une semaine, mon gouvernement, via monsieur Joe Oliver, ministre des ressources naturelles, s’en prenait aux «écologistes radicaux et aux célébrités qui appartiennent au jet-set». Depuis, dans son nouveau plan d’action sur la lutte au terrorisme, intitulé Renforcer la résilience face au terrorisme: Stratégie antiterroriste du Canada, le gouvernement attaque les «extrémistes d’origine intérieure». C’est dans cette catégorie que sont classés les environnementalistes, directement aux côtés des mouvements pour la protection des animaux et des mouvements pour la suprématie blanche.

Quand je vois ce type de politiques défendues par les gens qui devraient me représenter, je me demande vraiment dans quel pays je vis. De concert avec tous les autres citoyens qui veulent une meilleure qualité de vie pour eux, pour leurs voisins d’autres pays, et pour leurs enfants, je terrorise le gouvernement. Victime de ses œillères, il croit que la croissance économique outrepasse l’inquiétude face à la pollution. Nous lui faisons tellement peur, appuyés par des faits scientifiques et par une solidarité de plus en plus grande, qu’il est sans aucune autre possibilité que d’utiliser des moyens pernicieux pour faire taire les voix qui s’élèvent de partout. Je suis un terroriste absolument non-violent qui veut travailler pour un avenir meilleur. Et les paroles irrespectueuses et dénuées de sens du gouvernement Harper ne me feront pas taire; elles me donnent la force de continuer et d’en faire plus avec ceux qui connaissent l’importance et sentent l’urgence d’agir.

par David Boulet-St-Jacques
david.boulet@hotmail.com