La relève manque à l’appel
28 février 2012
L’industrie de l’assurance représente un avenir prometteur pour les jeunes universitaires.

Le vendeur d’assurance: un homme, mallette en cuir noir à la main, qui cogne aux portes de ses voisins afin de vendre sa toute dernière promotion. Non, le monde de l’assurance est beaucoup plus complexe, intelligent et passionnant qu’on ne le croit. Ce domaine connaît effectivement une prospérité remarquable, car au même moment, les baby-boomers du Québec quittent le marché du travail pour la retraite. La compétition dans le milieu est de plus en plus féroce et la relève est en pénurie. Résultat, les possibilités d’embauche et d’ascension professionnelles sont multiples pour les universitaires fraîchement diplômés.

DPMM, c’est plus de 350 employés
Cette entreprise canadienne est constamment à la recherche de jeunes candidats représentant un potentiel d’exception afin de perfectionner leur équipe. Elle recherche du personnel avec une volonté de réussir pour ainsi offrir des solutions d’assurances innovantes, personnalisées, et ce, à des prix modiques. L’entregent, la capacité d’écoute et le sens d’analyse sont des caractéristiques clef qui permettent aux nouveaux postulants de se démarquer. Patrice Jean, Président et chef de la direction de Dale Parizeau Morris Mackenzie, explique sa philosophie: «Je veux engager du personnel jeune, ayant un souci d’apprendre et de s’investir dans des projets. Les nouveaux diplômés ont une mentalité différente des gens d’expérience. Ainsi, les deux groupes n’approchent pas les problématiques de la même façon ce qui, je trouve, amène une bonne dynamique et une complémentarité hors pair.»

L’ histoire d’un président
À 44 ans, Patrice Jean a déjà acquis une grande expérience au sein de l’entreprise. Sa formation: un baccalauréat de l’Université Laval en Actuariat, ainsi qu’’un certificat en Informatique, deux disciplines parfaitement complémentaires selon lui. «Étrangement, mon certificat me sert beaucoup dans le cadre de mon emploi actuel. Parfois, j’ai des décisions importantes à prendre au niveau informatique. Ma formation passée m’aide à comprendre plus rapidement, pour finalement mieux gérer le projet en question. Une formation n’est jamais perdue!» Patrice Jean a donc obtenu son premier emploi dans le milieu de l’assurance en tant qu’actuaire. Par la suite, il y a occupé plusieurs postes différents, ce qui lui a permis d’avoir une vision plus globale à l’égard de l’entreprise pour laquelle il travaillait à ce moment.

Le métier de courtier d’assurances
Leur rôle est d’acheter des assurances pour leurs clients. Ils sont les intermédiaires entre les compagnies d’assurances et la clientèle. Leur objectif est de fournir les meilleurs prix aux particuliers ainsi qu’aux compagnies pour satisfaire leurs besoins, et ce, de manière personnalisée. Toutefois, avec l’ère Internet, les gens ont de moins en moins besoin de courtiers étant donné la disponibilité de l’information. De plus, «aujourd’hui, les caisses populaires Desjardins peuvent vendre de l’assurance» déclare le Président.
Le métier de courtier est-il donc porté à disparaître éventuellement? Selon monsieur Jean, les chances sont peu probables. «Leur mission consiste entre autres à représenter l’intérêt du client et le protéger. Grâce au volume considérable d’achat aux assureurs, ils réussissent à avoir une plus grande marge de manœuvre.» En effet, sans leur aide précieuse, des problèmes peuvent parfois subvenir de par une mauvaise information, le manque de temps, la durée de négociation, etc. Ne s’improvise pas courtier d’assurances qui veut!

La formation
Le profil académique recherché afin d’être courtier en assurance est variable. Pour commencer, il est possible de tailler sa place dans le milieu en obtenant un DES (diplôme d’études secondaires) et 4 ans d’expérience ou avec une AEC (attestation d’études collégiales) en assurance. L’obtention du DEC (diplôme d’études collégiales) de conseil en assurances et en services financiers représente un plus.
Ensuite, tout dépend des objectifs de carrière personnelle à chacun. Selon le site de Service Canada, seulement 20% des employés dans l’assurance détiennent le titre de bachelier, ce qui fait que les universitaires sont grandement convoités. Plusieurs certificats, permis et diplômes professionnels sont disponibles afin de se spécialiser. Le baccalauréat en Actuariat, en Commerce ou en Administration est un atout pour ceux qui aspirent à des postes de gestionnaires. Patrice Jean souligne que le baccalauréat est non seulement indispensable pour le bagage des connaissances, mais surtout crucial dans la gestion et l’organisation. «J’ai toujours dit qu’à l’université ce n’est pas ce que tu apprends qui est important, c’est la méthode de travail que tu y développes. Faute de temps, nous devons respecter des échéanciers et faire des choix logiques.»

Les femmes au rendez-vous
Que les dames se détrompent, ce n’est pas une perspective d’emploi uniquement pour la gent masculine! En effet, selon les données de recensement, les femmes occuperaient environ 57 % des postes dans cette profession en 2006 et les chiffres ne cessent d’augmenter.

Un métier payant et excitant? Plus qu’on ne le pense…
Les jeunes croient à tort que l’assurance est un monde monotone, alors que selon monsieur Jean c’est tout le contraire. Les employés ne font pas que parler au téléphone enfermés dans leur bureau. «C’est un métier de relations. Nos clients fidèles font partie intégrante de notre quotidien et certains deviennent même nos amis.» À dire vrai, les dîners d’affaires et les journées passées au club de golf sont monnaie courante dans le milieu.
Le revenu est une excellente raison pour y bâtir sa carrière. En effet, il est payant de vendre de l’assurance. Tout le monde en a besoin un jour ou l’autre, pour une maison, une automobile ou simplement pour la sécurité de nos proches. Selon Patrice Jean, il est difficile d’estimer le salaire de l’effectif, car chaque personne a ses forces et ses faiblesses. Toutefois, il évalue «la moyenne salariale pour les débutants à 30 000 dollars, tandis que pour les plus performant, le salaire peut se situer dans les 100 000 dollars en l’espace de 4 ou 5 ans. Évidemment, la rémunération augmente en proportion des efforts de chacun et du poste qu’ils occupent.» Effectivement, selon le site de Service Canada, le pourcentage d’employés de l’assurance empochant 50 000 dollars et plus par an est de 31%.

Le recrutement
Le recrutement se fait donc à plusieurs niveaux; «nous allons parfois dans des foires à l’emploi et le regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec encourage la relève. Nous avons même déjà recruté directement dans les Cégeps pour un projet en particulier en les interpellant de manière positive. Par la suite, nous les avons informés sur les possibilités d’emplois dans notre compagnie et certains d’entre eux ont eu le plaisir de se joindre à notre équipe.» Les possibilités d’embauche pour les immigrants sont aussi très alléchantes. Parfois, il arrive que les diplômés provenant d’outre-mer ne soient pas reconnus au Québec. Pour ceux-ci, l’assurance peut s’avérer être une excellente porte de sortie, car la formation peut être rapide pour les gens les plus déterminés.
Monsieur Jean termine en nous rappelant que les grosses boîtes ne recrutent pas uniquement des courtiers. En effet, «dans les bureaux de DPMM on retrouve des avocats, des informaticiens, des comptables, des actuaires, des ingénieurs, des fiscalistes, des analystes financiers, des spécialistes de réclamation et évidemment une multitude de courtiers d’assurances.»