21 octobre 2014

21 octobre 2014

Actualités | 14 février 2012
#6party
Retour en chiffres sur une semaine de fête.
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C’est le nombre d’étudiants ayant participé à l’occupation. Bien que pour la plupart étudiants en Arts, le groupe était hétéroclite. Tous avaient voté lors du précédent référendum et au moins sept d’entre eux avaient participé à l’occupation du bureau de la principale le 10 novembre dernier. On avait alors reproché aux quinze occupants d’être principalement des hommes blancs, on parlait de «man-archists». Cette fois-ci, le groupe a décidé de se diversifier; plus de femmes et des représentants de plusieurs communautés se sont joints à la fête. Ethan Feldman expliquait: «Nous sommes le 0% et nous agissons contre la cupidité du 100%, la nôtre y compris.»

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d’entre eux sont restés jusqu’au bout, le dimanche à 8h46 du matin, quand la police est arrivée sur les lieux. Certains étaient partis pour raisons médicales ou professionnelles, d’autres ont confessé être en trop grand désaccord avec le reste du groupe. Becca Yu, une des occupantes estime que «l’unité du groupe n’a pas été brisée» pour autant.

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Heures de party. Presque cinq jours. Probablement une des plus longues occupations des dix dernières années à McGill. Pour tenir si longtemps, les occupants ont dû compter sur le soutien de leurs camarades rassemblés six étages plus bas. Quand la nourriture vint à manquer, les occupants ont utilisé un seau et une corde, mais la sécurité a vite réagit en sectionnant la corde depuis une fenêtre du quatrième étage. Le lendemain, c’est un véritable chantier d’ingénierie qui se met en place. Un système de poulie est installé et trois sacs à dos chargés de provisions sont hissés au sixième étage sous le regard désapprobateur –bien qu’impressionné– de la sécurité impuissante.

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Revendications: la reconnaissance des résultats du référendum concernant QPIRG et CKUT ainsi que la démission de Morton J. Mendelson, le premier vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante. Le jeudi, troisième jour de party, les occupants révisent cette dernière exigence. On ne parle plus de démission mais du déménagement de celui qui est chargé des relations avec le corps étudiant. Les «fêtards» demandent que ses bureaux soient relocalisés au Point de service pour les rendre plus accessibles aux étudiants. «Nous avons voulu montrer que nous sommes ouverts au dialogue et à l’autocritique», explique Ethan Feldman.

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MRO. Ces courriels diffusés en masse par l’administration à près de 45 000 employés, étudiants et professeurs est l’outil de communication privilégié de la direction. En temps normal, douze MRO c’est ce que l’administration envoie en trois mois. Après les événements de 10nov, l’administration a voulu améliorer l’information donnée aux membres de la communauté. Eastman Welsford, U0 Arts et Sciences, explique avoir apprécié la démarche: «Bien qu’il y avait un parti pris évident contre les manifestants, c’était bien d’être tenu au courant.»

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Tweets échangés avec le hashtag #6party. Twitter autant que Facebook ont joué un rôle crucial la semaine dernière. D’abord outil de communication pour les occupants, les réseaux sociaux ont permis à la presse de diffuser l’information au fur et à mesure que la situation évoluait. Pour la première fois, l’Université a fait usage de son compte Twitter @McGillU pour répondre aux questions des journalistes ou pour rectifier certaines approximations.

Nicolas Quiazua | Le Délit

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Interlocuteur. Pendant toute la durée de l’occupation, c’est Jim Nicell, vice principal (services universitaires), qui a assuré le contact avec les occupants. Dans un MRO, Michael Di Grappa déclarait: «L’Université a indiqué qu’aucune négociation ne serait amorcée relativement à ces demandes, ni avec qui que ce soit l’empêchant de mener ses activités normales. La seule discussion que McGill compte avoir a trait exclusivement à la conclusion sécuritaire et pacifique de l’occupation.»

Fait intéressant, lors d’une discussion avec les occupants, Jim Nicell a expliqué qu’il n’avait pas le pouvoir de fournir de la nourriture. Qui l’en empêchait? Ses deux supérieurs sont Anthony Masi et Heather Munroe-Blum.

Le samedi, les occupants ont décidé de mettre fin à leur communication avec Jim Nicell. «Il disait n’avoir le pouvoir de rien, donc ça ne servait à rien.» Quand ils ont débranché le téléphone qui les reliait directement au cellulaire de Jim Nicell, Ethan Feldman explique qu’ils savaient que «la prochaine personne à qui [ils parleraient] ce serait la police.»

Danji

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Minutes. C’est le temps donné aux occupants pour rassembler leurs affaires et partir. Un des occupants raconte que la police a promis qu’aucune poursuite ne serait engagée contre eux s’ils partaient de leur plein gré. Becca Yu fait partie des occupants qui ne détiennent pas la nationalité canadienne. «Si on pouvait éviter les poursuites criminelles, c’était mieux ainsi.» Ethan Feldman raconte: «Nous avions parlé à notre avocat et nous savions que nous ne pouvions pas résister à la police ni même les empêcher d’entrer dans les bureaux. Mais nous savions également que nous avions le droit de nous protéger de la sécurité, c’est ce que nous avons fait. J’ai empêché un des managers de la sécurité d’entrer, il a enfoncé la porte, me projetant au sol. C’est la même personne qui quelques minutes plus tard nous indiquait que des services de premiers soins étaient disponibles. Je trouve ça hilarant.» Il ajoute avoir perdu ses clefs dans le bureau de Morton Mendelson et espère qu’elles lui seront restituées.

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Vans de police étaient présents sur les lieux selon le McGill Daily. La police était au courant de la situation depuis plusieurs jours et s’était préparée à la résistance éventuelle des occupants. Ces derniers ont indiqué que le SPVM avait été courtois à leur égard, l’un d’entre eux aurait déclaré «Vous avez exercé votre droit.»

Nicolas Quiazua | Le Délit

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C’est le nombre de fois que HMB a été aperçue sur le campus pendant toute la durée de l’occupation. On nous a indiqué que mardi dernier, tout comme le 10 novembre, elle était en déplacement. Plus de trois jours après le début de l’occupation, le service de presse ignorait nos courriels et nos tweets qui demandaient où se trouvait la principale alors que le campus était en situation de crise.

40 000

Dollars au bas mot, c’est notre estimation des dépenses engagées par les services de sécurité pendant ces cinq jours (c’est sans doute beaucoup plus). Avec parfois plus de vingt agents sur le terrain et de nombreuses heures supplémentaires, le coût de l’opération est important. Bien que la plupart du temps les agents ne faisaient que se montrer aux différentes entrées du bâtiment, l’administration n’a rien voulu laisser au hasard. Une des missions principales de la sécurité était de maintenir l’embargo sur les occupants du sixième: empêcher toute entrée de nourriture. L’idée était de rendre les conditions d’occupation difficiles pour forcer les «fêtards» à partir, sans faire intervenir la sécurité ni la police.  Plus d’internet dès le premier soir, puis plus d’électricité, plus de chauffage. Enfin, quand les «fêtards» sont parvenus à se faire ravitailler en nourriture et qu’il est devenu clair qu’ils pourraient tenir encore longtemps, plus d’accès aux toilettes. Qu’à cela ne tienne, bouteilles et sacs en plastique ont permis de tenir quelques heures supplémentaires. L’administration a alors compris que la technique d’embargo ne fonctionnait pas et, ne désirant pas entrer en négociation avec les occupants, que l’intervention de la police était la seule façon de mette fin à l’occupation.

Pour l’instant, aucun n’a reçu d’avis disciplinaire, mais l’administration affirme que des mesures seront prises. On ignore pour l’instant si tous ont été identifiés. Ethan Feldman explique qu’il n’a pas de doutes à ce sujet puisque la sécurité s’adressait à lui par son prénom. Quant à la vingtaine d’étudiants et de professeurs qui ont occupé l’entrée du James Admin pendant 24 heures, on ignore s’ils seront frappés par des procédures disciplinaires. Certains occupants du sixième sont partis avant ceux du lobby.

Nicolas Quiazua | Le Délit

Désintox

«Étant donné qu’il n’y a pas d’activité administrative, l’Internet n’est pas nécessaire.»
– Doug Sweet, Directeur des relations média, expliquant pourquoi l’Internet a été coupé dans le James Admin.

On a du mal à croire que des techniciens ont pris la peine de couper le WiFi par soucis d’économie. Hypothèse plus plausible, avec Twitter, Facebook et divers blogues, les occupants donnent une mauvaise image de l’université. Limiter leurs communications avec le reste de la communauté c’est aussi gagner une bataille de publicité.

«Les premiers soins et de la nourriture ont été offerts aux manifestants, et les coordonnées d’un service de counselling leur ont été remises.»
– Michael Di Grappa, dans un MRO envoyé le 12 février.

Kevin Paul, un des occupants: «Quelqu’un a dit que des premiers soins étaient disponibles mais on ne nous a proposé ni nourriture, ni suivi.»

«Nous n’avons pas empêché les médias de venir sur le campus. Nous avons simplement limité leur accès, ce qui est normal. Il doivent nous demander la permission, surtout pour protéger les étudiants du harcèlement.»
– Doug Sweet, Directeur des relations média.

Il est vrai que la Gazette et CBC, entre autres, ont eu accès au campus mais plusieurs photographes ont été empêchés de s’approcher. On est en droit de se demander si dans le cas d’articles portant sur la réussite de McGill, la protection des étudiants aurait été autant prise à coeur.