Nouvelle alerte
31 janvier 2012
Le 10 novembre, le système Alertus aurait-il changé les choses?
La direction de McGill vient d’annoncer le déploiement d’un nouveau système d’alerte pour prévenir étudiants, professeurs et employés lors de situations d’urgence. Le logiciel, que tous les membres de la communauté sont invités à télécharger et installer, affiche un message sur leur ordinateur personnel en cas de nécessité.
Gracieuseté Alertus Technologies
Le courriel annonçant la mise en place de ce nouveau système présentait la mesure comme l’application d’une des recommandations du rapport Jutras. Suite aux événements du 10 novembre qui avaient vu la venue sur le campus de la police anti-émeutes, le doyen de la faculté de droit avait préconisé la révision des dispositifs d’alerte.
Après le 10 novembre, l’université avait été critiquée pour ne pas avoir fait usage du système existant,  «Attention McGill», qui permet l’envoi de notifications par SMS. Selon le rapport Jutras, il n’avait pas été activé par crainte que «beaucoup plus de manifestants, dont certains étrangers à la communauté McGill qui auraient pu avoir été enclins à faire usage de la violence, soient venus sur le campus.»  Le rapport Jutras souhaitait alors la possibilité de mettre en place un système qui puisse joindre les individus dépendemment de leur localisation sur le campus.
 
Mais le nouveau système ne règle pas le problème survenu le 10 novembre. Il ajoute un nouveau moyen, somme toute similaire, de joindre étudiants, professeurs et employés. Louise Savard, directrice des services de sûreté à McGill explique qu’il «n’y a pas qu’une façon de joindre les membres de la communauté, nous utiliserons les deux systèmes simultanément.» Sur les 45 000 individus que compte l’université, 10 809 sont inscrits à Attention McGill. L’université entend toucher davantage d’individus avec Alertus.
 
Toute l’efficacité de ce dispositif repose donc sur la décision de l’individu qui l’activera ou non. L’«incident commander» sera  juge de la nécessité de faire usage du système ou non. De qui s’agit-il? Louise Savard explique qu’il s’agit de «détails techniques». «Vous n’avez pas à vous inquiéter, la situation sera bien évaluée.»
 
«L’université ne dispose pas pour l’instant des moyens techniques permettant de cibler des groupes en particulier. […] On fait des recherches pour toujours nous améliorer» rassure la directrice des services de sécurité.
 
Jason Volk, PDG de Alertus, explique que le système de notifications qu’il commercialise permet en fait de cibler des utilisateurs en particuliers, notamment suivant si ils sont présents sur le campus ou non.
 
Les balises d’urgence, un autre produit proposé par la société américaine basée dans la banlieue de Washington, permettent de prévenir les individus se trouvant à proximité. «Lorsqu’elles sont activées, nos balises clignotent et émettent une alarme sonore. Leur écran diffuse un message décrivant la situation» (voir photo ci-dessus).
 
Si le système de notifications sur ordinateur est offert à titre gratuit aux universités par Alertus Technologies, les balises, qui permettraient de suivre la recommandation du doyen Jutras, auraient un coût conséquent.
 
Pour couvrir les quelques 140 bâtiments que comptent les deux campus, le déploiement du dispositif pourrait revenir, selon nos estimations, à plusieurs centaines de milliers de dollars.
 
«Nous avons pensé à ce système, mais pour l’instant nous avons décidé de ne pas le déployer.»
 
Dans un courriel à la communauté, Michael Di Grappa, principal adjoint (finance et administration), prévenait lundi de la «très faible possibilité d’une certaine agitation sur le campus». En effet, des manifestants étudiants sont attendus ce mardi 31 janvier, notamment aux abords de la réunion du Board of Governors.
 
Louise Savard se veut rassurante, «si une situation similaire au 10 novembre survenait, le système serait activé.»