En liberté provisoire
31 janvier 2012
Le 29 janvier, au Soudan, le gouvernement muselait un journal privé hebdomadaire.

Le 27 janvier, les étudiants membres de la CLASSE bloquaient les bureaux du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport pour protester contre la hausse des frais de scolarité. Leur requête, la gratuité scolaire. Le 18 janvier,  Wikipédia usait de moyens de pression pour protester contre l’initiative de Stop Online Privacy Act et le Protect IP Act. Dans un cas comme dans l’autre, c’est la liberté qui perd des plumes.

Matthieu Santerre | Le Délit
Notre ami Wiki
Pour plusieurs, Wikipédia qui ferme ses vannes d’information gratuite signifie une soirée de travail un tantinet plus élaborée. Pour d’autres, les plus philosophes, ne pas avoir accès à la plus grande bibliothèque au monde signifie la capitulation de la liberté d’expression au profit d’un monde dominé par les idéaux néolibéraux.

Le néolibéralisme se traduit par une recherche insatiable de profit pour le bien personnel. Le SOPA et le PIPA sont supposés empêcher le piratage des idées mais sont en fait un exemple de protection, à l’extrême, de l’idée de propriété privée. Un idéal qui entre en plein dans la ligne de mire des projets de loi proposés par le congrès.

Pourtant, à la base, les droits de propriété intellectuelle sont un moyen d’encourager la création en protégeant les auteurs, compositeurs et autres types de créateurs. Dans leur sens le plus définitif, les droits de propriété empêchent quiconque veut emprunter un élément d’une création qui ne lui appartient pas de s’en servir pour s’inspirer.

Des poursuites intentées par des grosses maisons de production comme Walt Disney contre de petits producteurs qui auraient emprunté le personnage de Blanche-Neige sont l’exemple d’un déséquilibre dans la protection des libertés individuelles.

Gratuité dangereuse
En parlant de hausse, parlons de gratuité. Le Délit révise l’étude sur la hausse des frais de scolarité faite par l’Institut de recherche en économie cette semaine. Après la manifestation devant les bureaux du ministère de l’éducation cette semaine, il semble clair que ni l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (l’ASSÉ) ni sa sous faction, la CLASSE, ne se laisseront marcher sur les pieds.

Cela dit, la gratuité scolaire n’apporterait pas que du bon. Selon l’IRÉC, le coût de la gratuité scolaire est évalué entre 176 et 405 millions de dollars. Par contre, ces chiffres ne prennent pas en compte l’augmentation du nombre d’inscriptions à l’université, une augmentation à prévoir car la gratuité scolaire attirera certainement plus d’effectifs sur les bancs de l’école. Ce manque à gagner, il va bien sûr falloir le combler. Deux choix: le gouvernement ou les entreprises privées paient.

Le secteur privé à l’université, on le voit déjà au sein des unités de recherche. Par contre, une université uniquement subventionnée par des compagnies signifie nécessairement une perte d’indépendance de la dite institution. Par exemple, une compagnie pharmaceutique qui paie pour les installations des étudiants en pharmacie s’assure une main d’œuvre plus tard. Finie la recherche sur les réels bienfaits d’un médicament vendu hors de prix, finie l’université maîtresse de son propre savoir.
 
Au Soudan, pendant ce temps
Le Soudan est considéré comme «l’un des dix pires pays pour la liberté de la presse». En effet, selon la BBC, l’État influence ce qui est publié. Suite à l’indépendance du Soudan du Sud, les «régulateurs de la presse» ont même fermé six journaux partiellement tenus par des citoyens sud-soudanais.

Le corps d’investigation du Soudan revoit les contenus qui «transgressent la moralité et l’éthique publique, et menacent l’ordre.»

Maintenant, à McGill
C’est l’occasion d’exercer votre droit de vote, de participer à la démocratie sur le campus. Que vous soyez pour ou contre les motions présentées,  vous ne pouvez être contre le fait de pouvoir vous exprimer. Librement.