La vieille portugaise et l’argent du plaisir
26 janvier 2012

Victor Silvestrin-Racine | Le Délit
Non ceci n’est pas un texte sur la prostitution au pays des sardines, mais bien sur Macao, ancienne colonie portugaise et ville des plaisirs, qui est située à environ 30 km de Hong Kong ou 1h de traversier.

L’une des surprises évidentes lorsque l’on met les pieds dans cette région administrative spéciale de la Chine est la présence du Portugais sur tous les panneaux officiels, noms de rue et bâtiments gouvernementaux alors qu’aucun habitant ne semble posséder un vocabulaire de base lusophone. Macao est une ville pour le moins surprenante et haute en couleurs et c’est évidemment ce qui fait son charme pour un touriste. Par contre, pour les habitants, cette juxtaposition de taudis de l’époque coloniale et de casinos tous plus clinquants les uns que les autres fait parfois mal aux yeux et reflète la disparité économique flagrante de la Chine.

Victor Silvestrin-Racine | Le Délit
Les vieux quartiers de la ville sont sales et mal entretenues même si les vestiges de l’époque coloniale portugaise (bien entretenus eux) tentent de rappeler la grandeur passée de la ville. Bien que cette facette historique de la ville soit encore profitable et extrêmement populaire (surtout pour les touristes chinois qui semblent y trouver un charme européen) à ceux qui y vivent ou qui y font des affaires, c’est véritablement les casinos et hôtels de luxe qui en font maintenant une ville vibrante. Désormais capitale mondiale du jeu (quatre fois le chiffre d’affaires de Las Vegas), le fric ici est omniprésent comme je l’ai rarement constaté. Deux secteurs de la ville se partagent l’offre des casinos qui s’agrandit de mois en mois. Pour donner un exemple de richesse, sur moins de 500m de rue, on peut compter 4 ou 5 Louis Vuitton, Cartier, Hermès, Burberry et autres marques de luxe. Cependant, tout ceci est construit à l’image du Quartier Dix30 sur la Rive-Sud de Montréal, avec du vide et de faux matériaux qui donnent une plus grande impression d’opulence que ce ne l’est réellement.

La ville n’a d’ailleurs pas perdu son image de capitale du jeu et du vice alors que les prostituées sollicitent librement les joueurs des casinos et rappellent que la détresse et l’attrait du gain font partie intégrale des lieux et régions qui s’enrichissent rapidement ou qui perdent leur âme, comme c’est malheureusement le cas de Macao.