La grève de MUNACA suscite des vocations
24 janvier 2012
Le nombre de candidats au Board of Governors bat des records.

On connaîtra mardi soir le nouveau représentant des employés non académiques au Board of Governors (BoG). Un seul des deux sièges est à pourvoir et il est de coutume qu’il soit occupé par un membre de MUNACA, le syndicat des employés de soutien de l’université. Suite à une grève de plus de trois mois au semestre dernier, le militantisme syndical connaît un regain d’intérêt à McGill et, avec onze candidats, la campagne bat déjà des records.

Lindsay P. Cameron
Comme l’écrit le syndicat dans un courriel à ses membres, «après trois mois de lutte contre l’administration, il est maintenant d’autant plus important que le syndicat ait une voix sur le Board.» Kevin Whittaker, président de MUNACA, rappelle que le manque de réceptivité des membres du BoG pendant le conflit social avait provoqué une certaine amertume chez les syndiqués. Un sentiment qui semble être partagé par beaucoup et qui n’est sans doute pas étranger au nombre de candidats.

Kris Wagner, technicien aux services des Technologies de l’information, raconte qu’au cours des trois ans où il a travaillé à McGill, il a rassemblé «un certain nombre de faits qui se sont déroulés sur le campus» et qu’il souhaite «porter à l’attention des directeurs». Il s’agit notamment de témoignages recueillis auprès de ses collègues. Il cite en exemple l’attribution de primes à des managers intermédiaires qui n’auraient pas été portées à la connaissance de la direction ni des membres du Board. Souhaitant une plus grande transparence, il compte utiliser certains de ces témoignages pour améliorer la qualité de l’information disponible à tous.

Pour prévenir de futurs conflits sociaux, Kris Wagner estime que la présence d’un employé de soutien sur le Board est capitale. Pour lui, il ne fait aucun doute que la parité avec les autres universités montréalaises sera à nouveau revendiquée, étant donné que celles-ci continueront d’augmenter leurs salaires en fonction de l’évolution du coût de la vie. «Une augmentation générale sera sûrement demandée dans cinq ans. Le Board doit s’y préparer et reconnaître l’importance des employés de soutien.»

Au Sénat, un siège est réservé pour chacun des deux syndicats, MUNASA (l’association des employés non acamédiques de McGill) et MUNACA. Au BoG, ce n’est pas le cas, même si de facto on retrouve souvent une même répartition. Rafat Noor Khan, un autre candidat de MUNACA, pense que cet état de fait ne devrait pas faire d’eux des représentants du syndicat ou de l’association auprès des directeurs. «Quand on siège au BoG, il est impossible de ne représenter que les intérêts du syndicat. Il y a conflit d’intérêt.» Il est vrai que tous les membres du BoG sont légalement tenus de représenter avant tout les intérêts de l’université. Rafat Noor Khan, qui a siégé sur plusieurs conseils des directeurs, gouverneurs et fiduciaires dans d’autres institutions, estime être en mesure de représenter la communauté mcgilloise dans son ensemble, pour établir une confiance mutuelle.

Kevin Whittaker n’est pas du même avis: «Il y a en ce moment un représentant des managers sur le BoG. Nous voulons nous assurer que quelqu’un représente les employés de soutien.» Kevin Whittaker explique que par le passé la communication a parfois été difficile. L’élu sortant n’a clairement pas rempli les attentes du syndicat. Il souhaite que le représentant de MUNACA au conseil consulte plus souvent le syndicat.

Un des thèmes communs aux campagnes des candidats est en effet la transparence. Kalant, Leslie et Khan sont tous sensibles aux plaintes des étudiants et des employés de McGill qui déplorent que tant de décisions soient prises en session confidentielle.

Depuis qu’il fait l’objet de vigoureux débats autour de ce qu’il est maintenant coutume d’appeler «le sous-financement des établissements post-secondaires publics», le budget est dans le collimateur de certains. Kalant, qui est présentement vice-président finances de MUNACA estime que ces données financières devraient être rendues publiques. Leslie et Khan misent quant à eux sur le site du BoG pour rendre l’institution plus ouverte aux observateurs.

Ils veulent y publier toutes les informations qu’il leur est permis de divulguer et rendre le site plus ergonomique. Mais aucun candidat ne sait encore exactement la nature des documents qu’ils seront tenus de garder confidentiels. Il leur est également difficile d’estimer les moyens à leur disposition pour faciliter l’ouverture du BoG au reste de la communauté. «N’ayant qu’un vote sur vingt-cinq, je ne veux pas trop promettre» avoue Thomas Leslie, coordonnateur des programmes de deuxième cycle à la Faculté de Médecine.

Les cinq candidats de MUNACA sont en compétition avec six autres candidats qui sont dans la catégorie «managers», selon la nomenclature de l’université. Les employés non-académiques qui travaillent à temps plein sont invités à voter en ligne depuis plus d’une semaine. Les résultats devraient être annoncés le 24 janvier.

Vanessa Peters, technicienne au centre de recherche sur le cancer Goodman, n’a pas pu être jointe pour l’entrevue.