L’ère du général Tao est révolue!
15 novembre 2011
Restaurant Kanbai: l’authenticité szechuannaise à proximité

Le plat frit à la sauce pleine de glutamate de sodium semble digne du plus médiocre des fast-foods en comparaison à la panoplie de plats chinois, vietnamiens, coréens ou japonais disponibles à Montréal. De plus en plus, l’authenticité est disponible, et pour pas cher. Le restaurant szechuannais Kanbai est bien au dessus de la moyenne à cet égard.

Justine Chassé-Dumont | Le Délit
Le restaurant flotte dans une mer de restaurants asiatiques qui entoure l’Université Concordia, le deuxième «quartier chinois» de Montréal. Une fois à l’intérieur, on oublie les tourments de la nage qui nous y ont menés: on découvre un restaurant propre, simplement décoré et bien plus grand qu’on ne l’imaginait. Surtout, on remarque que presque tout le monde se parle en chinois.

Au Kanbai, le menu arrive avec un petit plat d’edamamés marinés et des arachides bien salées, histoire de mettre le client en appétit ou de lui laisser le temps de maîtriser l’art des baguettes. Le menu lui-même est très long. Les mets classiques comme le poulet Kung Pao aux arachides ou les aubergines à l’ail se perdent dans une foule de tendons et de gros intestins parfois difficiles à parcourir. Les conseils des serveurs sauront vous faire osciller entre découverte et confort, alors posez des questions.

Quand on mange chinois, il est préférable de manger en groupe et commander plusieurs plats à partager. La formule classique si on est deux: un plat de viande ou de poisson, un plat de légumes et des bols de riz. Les prix des plats varient entre 8 et 15 dollars, une aubaine pour la quantité de nourriture proposée. Au Kanbai, la seule chose que l’on commande pour soi, c’est la bière en bouteille (Tsingtao, Asahi).

Justine Chassé-Dumont | Le Délit
À essayer absolument: les filets de poisson dans l’huile épicée, à partager pour deux ou trois personnes. Servie dans un énorme bol à soupe, une montagne de piments forts séchés recouvre des morceaux de tilapia pochés dans un bouillon généreusement épicé. Le poisson, à déguster avec germes de soya et un grand verre d’eau, fait découvrir à la langue nord-américaine une gamme de goûts entièrement nouvelle et harmonieuse. Le bouillon est parfumé au poivre szechuannais qui, si croqué, se met à pétiller et laisse la bouche engourdie: une expérience culinaire en soi. Essayez-en un ou deux, mais disposez des autres sur votre assiette à pain.

Pour accompagner le poisson relevé, vous voudrez peut-être équilibrer votre repas avec le sauté de chou à la sauce szechuannaise. Si vous doutez encore de l’existence de la cinquième saveur, l’umami, ne cherchez pas plus loin. Le chou cuit mais croquant n’est ni trop salé, ni trop sucré, ni acide ni amer, ni piquant ni fade. Le panier de côtes de porc frites peut aussi servir d’entrée à un groupe de trois ou quatre.

Décidément, au Kanbai, on mange comme si on était de l’autre côté du globe. Les plats sont authentiques et ne cherchent pas à servir au client nord-américain les goûts qu’il connaît déjà. Étudiants fauchés et en rébellion contre le Général Tao, assemblez-vous autour d’une table de ce formidable établissement szechuannais.