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Publié le 27 septembre 2011 dans Actualités par .

Débat sur la désirabilité d’un partenariat public-privé entre l’université et l’industrie

Au Québec, les partenariats public-privé semblent avoir acquis une mauvaise réputation au cours des dernières années. Pourtant, dans les universités, le secteur industriel privé reste un partenaire important pour financer la recherche. Quel impact ce partenariat a-t-il sur les étudiants, sur la culture intellectuelle et sur le rôle de l’université?

L’Université fait partie de la société québécoise à plusieurs niveaux. D’abord, elle est une des principales institutions produisant et faisant croître la culture intellectuelle à long terme. De plus, tel que le note Monsieur Ameur Manceur, co-organisateur du Dialogue sciences et politiques avec Monika Rak, «l’université fait partie de la chose publique» étant en grande partie financée par les taxes des Québécois. Avant qu’un partenariat soit considéré comme étant socialement bénéfique, il est important de protéger ces deux aspects.

Tout d’abord, il semble y avoir une incompatibilité entre la culture universitaire et industrielle. Par exemple, en matière de vision et de planification du temps, la première dirige sa recherche intellectuelle vers le long terme, alors qu’en matière d’industrie, le profit à court terme est le principal motivateur. Pour qu’un partenariat soit envisageable, selon Monsieur Manceur, «il est important que l’université soit, d’abord et avant tout, au service de l’étudiant» afin que ce dernier ne se retrouve pas coincé entre les deux organisations. Cela implique deux choses: que l’étudiant soit à l’abri des pressions industrielles à produire au plus vite mais aussi, d’un autre côté, que l’université s’inspire de l’industrie et apporte un stimulus intellectuel constant à l’étudiant, en réduisant le plus possible le temps d’inactivité entre les différents projets de recherche.

Ensuite, la recherche universitaire (à coût moindre) crée une plus-value pour l’industrie, mais selon l’organisateur du dialogue, au bout du compte «c’est la société au complet qui bénéficie du progrès engendré». Nonobstant, Mariève Isabel, VP externe de l’Association Étudiante des Cycles Supérieurs (PGSS), note une disparité entre les gains sociaux et ceux de l’industrie: «En même temps que la Chambre de commerce de Montréal vante que le partenariat public-privé engendre des milliards de dollars pour l’industrie, les retours d’investissement des étudiants aux cycles supérieurs, où la plupart de la recherche est produite, sont en chute libre (sous zéro pour un doctorat) et, pourtant, on demande une hausse de frais de scolarité». Il semblerait donc que les milliards n’aillent pas dans les poches des étudiants ni dans celles de la société Québécoise.

Lors d’un partenariat, il serait important de protéger l’université des pressions monétaires du secteur privé. Madame Isabel insiste pour dire que «la gestion de la recherche universitaire doit rester indépendante des intérêts privés de l’industrie», même si celle-ci la finance. Plus concrètement, Monsieur Manceur propose de «créer des institutions qui feront office de [remparts] entre l’université et l’industrie» en redistribuant l’argent pour s’assurer que l’université est protégée des pressions extérieures. En d’autres mots, «Il faut être proactif pour protéger l’aspect traditionnel de l’université».

Lindsay Cameron
Le conférencier Anton Allahar soutient que le «rôle principal de l’université est d’éduquer et non d’entraîner», une tâche qui reviendrait plutôt aux entreprises. De plus, il faut revoir la notion de rentabilité. Bien que les professeurs se concentrant sur la recherche puissent être plus rentables à court terme, il devrait y avoir une plus grande place accordée aux professeurs concentrant leur énergie sur la pédagogie et le transfert du savoir. Par contre, l’université gagnerait à s’inspirer du secteur industriel afin de maximiser davantage ses ressources. Une des voies pour accomplir cette tâche est l’interdisciplinarité; au lieu de créer de nouvelles disciplines de recherche très spécifiques il faut combiner les disciplines déjà en place.

Un partenariat université-entreprise pourrait permettre à l’université d’être en symbiose avec son environnement économique, et représenter un avantage pour les étudiants faisant le saut dans le monde du travail; à condition d’établir auparavant certaines balises pour délimiter le rapport.