La connexion latine
5 avril 2011
Le festival du cinéma latino-américain de Montréal, une sélection des meilleurs films d’Amérique latine au Cinéma du Parc jusqu’au 25 avril.

C’est une occasion unique de découvrir les films acclamés dans le monde hispanophone et dans les plus grands festivals de cinéma autour du monde, ainsi que dans les moins connus: certains films, à plus petit budget, ne passeront qu’une fois sur les écrans.

Mise à part sa sélection officielle de films, le festival présente aussi des documentaires, courts-métrages et œuvres de réalisateurs émergents d’Amérique latine. La collection présentée incorpore aussi des films espagnols. En hommage au réalisateur chilien Alejandro Jodorowsky, le festival s’est ouvert sur la projection de deux de ses films cultes: La montaña sagrada et Santa Sangre.

Pour plus d’information sur le festival, veuillez consulter : http://www.cinemaduparc.com/prochainement.php

Gracieuseté du Festival du cinéma latino-américain de Montréal

Gamineries illégales

Asalto al cine raconte la réalité d’une bande de quatre adolescents mexicains qui ont délaissé l’école pour côtoyer les mondes du graffiti, du rap et de la drogue. L’accent est mis sur le contexte de leurs vies individuelles et de groupe, décrit par une caméra qui sacrifie les effets esthétiques pour céder à une histoire imprégnée d’un réalisme contextuel: ils rêvent chacun d’amour, de luxe ou de notoriété, et cherchent un moyen de sortir leur famille de la pauvreté qu’engendrent chômage et dettes de loyer.

Leurs courage, confiance entre amis et solidarité de groupe sont mis à l’épreuve lorsque, motivés par des aspirations très humaines, ils décident de voler les caisses du cinéma local. Malgré un succès in-extremis, les adolescents ne parviennent pas à réaliser leurs rêves et retombent dans leur situation initiale. Tout en permettant une approche empathique au comportement des personnages, le film laisse le spectateur sur l’impression amère que leur misère et drames quotidiens ne possèdent pas de porte de sortie.

Gracieuseté du Festival du cinéma latino-américain de Montréal

L’amour métropolitain à 40 ans

Igualita a mi est une comédie sur le thème des relations amoureuses et familiales dans la mégalopole moderne de Buenos Aires. Freddy, homme d’affaires célibataire, utilise depuis plus de vingt-cinq ans le club de danse Tequila comme terrain de drague. À quarante-et-un ans, sa vie est bouleversée lorsqu’il apprend que sa dernière recrue du club, Aylín, est en fait née d’une aventure avec une femme de ce même club, vingt-trois ans plus tôt. Il redouble de stupeur lorsque des tests médicaux annoncent qu’elle attend un enfant.

À mesure que la sensibilité de la jeune Aylín dérange le confort qu’il s’était trouvé autour de sa vie obstinément gamine, Freddy découvre les beautés de la vie de famille que lui avaient longtemps cachées ses phobies du mariage, des responsabilités parentales et du vieillissement. Malgré une intrigue et une formule cinématographique prévisibles, le film ne manque pas de divertir par ses nombreux quiproquos et réparties, pour lesquels certains, toutefois, auront à s’accrocher aux défilés de sous-titres pour capter l’humour vif des discussions.

Gracieuseté du Festival du cinéma latino-américain de Montréal

Dénoncer le silence

Todos tus muertos utilise une approche tout en symboles pour dénoncer la cruauté et l’hypocrisie, alimentées par la corruption, qui règnent dans les municipalités provinciales de Colombie lors des campagnes électorales. On accompagne Salvador dans ses pérégrinations lorsqu’il découvre un amas de cadavres déposé au fond d’un champ où il se rend pour travailler. Affolé, il tente de placer sa famille en sécurité, puis accourt au village pour signaler le crime à la police et à la radio locale. Cela déclenche, à son insu, les mécanismes de défense des intérêts du maire et d’autres figures politiques, qui, dans une tentative de cacher le massacre, impliquent l’assassinat de l’animateur de radio et des étrangers américains au service d’une organisation pour les droits humains. La famille de Salvador vit cette aventure avec une angoisse grandissante, à mesure qu’elle réalise l’absence de soutien de la part de leur gouvernement pour leur condition vulnérable de paysans de campagne. Du début jusqu’à la fin du film, de multiples résonances symboliques parsèment le discours cinématographique, par le moyen de paroles, d’objets ou de scènes allégoriques. Couplée au souci accordé aux prises de vue, l’esthétique apporte une texture riche au contenu du film qui sera assurément apprécié par l’observateur attentif.

 
Sur le même sujet: