Sit-in d’étudiants palestiniens à Londres
1 février 2011
Dans la foulée des «Papiers palestiniens» et des manifestations monstres en Tunisie et en Égypte, des jeunes font pression sur l’ambassadeur palestinien pour davantage de démocratie.

Le 27 janvier, une vingtaine de jeunes de la diaspora palestinienne se sont donné rendez-vous dans les bureaux de la Délégation Générale de la Palestine à Londres afin de faire part à l’ambassadeur de quelques unes de leurs demandes. Entrevue avec Merna.

Le Délit (LD): Comment votre groupe a-t-il pris la décision de faire un sit-in?

Merna Azzeh (MA): Le tout a été organisé plus ou moins [le 26 janvier]; environ douze étudiants sont arrivés dès 13h, mais plusieurs sont venus plus tard dans l’après-midi. Nous provenons tous de différentes universités britanniques (LSE, UCL, SOAS, Oxford, Nottingham), la majorité étant d’origine palestinienne (vivant au Liban, en Jordanie, en Égypte, en Cisjordanie et en Europe). Je ne connaissais que deux personnes avant d’aller au sit-in, mais nous réclamions tous davantage de représentativité et la tenue d’élections directes.

Merna Azzeh

LD: Quel a été l’élément déclencheur? Les «Palestine Papers», les troubles sociaux en Tunisie et en Égypte?

MA: C’était un peu des deux, mais nous ne voulions pas faire de liens directs avec ces événements. Nous avons parlé de représentativité avec l’ambassadeur. Peu importe la corruption (car il y en a!), nous lui avons demandé davantage de démocratie. C’était notre appel pour des élections directes au Conseil national palestinien (CNP). Nous étions tout de même réalistes quant à nos demandes et à l’effet du sit-in, mais nous voulions que ce soit un wake-up call à la jeunesse palestinienne. C’était l’appel pour des élections. Nous avons besoin d’un nouveau groupe de représentants au CNP, car le changement ne s’effectue pas assez régulièrement. Certains sont au poste depuis 2006, et le CNP est l’organisation qui donne de l’autorité et des stratégies à l’OLP.

LD: Comment le tout s’est déroulé?

MA: Qu’on se le tienne pour dit, nous n’avons pas envahi l’ambassade. Nous voulions faire entendre nos voix de la façon la plus civilisée. Quelques uns étaient assis dans la réception, alors que d’autres étaient dans le bureau vide de l’ambassadeur, mais nous n’allions pas partir avant qu’il ne vienne nous parler. Lorsqu’il est arrivé, nous lui avons partagé nos sentiments, et lui avons pressé d’agir, mais il nous a répondu que tout était hors de son contrôle. Nous avons continué la discussion, et, un peu plus tard, la police est arrivée, lorsque certains médias ont commencé à rapporter les événements. Toutefois, l’ambassadeur a insisté pour que nous restions et a réitéré que nous étions bienvenus dans notre ambassade, mais je demeure sceptique. Nous sommes partis vers 20h. L’ambassadeur était d’accord avec nos demandes et les trouvaient fondées, mais, à la fin de la journée, peut être que ce ne seront que de vains efforts. Nous avons fait ceci pour défendre nos droits de choisir nos représentants et chacun de nous savait que cela était important bien avant les «Papiers palestiniens». Je m’inquiète pour notre futur et pour mon peuple et je crois que c’était un bon début pour notre campagne.

LD: Avez-vous fait cela pour la jeunesse ou pour tous les Palestiniens?

MA: Pour la jeunesse, car nous sommes le futur de notre pays. Nous revendiquons néanmoins la démocratie pour tous les Palestiniens, incluant ceux de la diaspora afin qu’eux aussi puissent prendre part aux élections. Au bout du compte, nous avons parlé de ce que nous voulions faire ensuite. J’espère que ce sera une étincelle qui aura un impact en Palestine parce qu’en ce moment c’est assez difficile de pouvoir manifester là-bas. Il nous faut d’autres initiatives de ce genre afin de promouvoir nos droits à la démocratie à la représentativité.

Propos recueillis par Xavier Plamondon.