Le refuge Birks
1 février 2011
Le Délit investigue la fameuse salle de lecture qui attire les masses étudiantes

Manteaux et bottes d’hiver sont laissés dans le vestibule. Un plancher de bois francs soigneusement conservé (des balles de tennis recouvrent les pieds de chaque chaise), de grandes tables en chêne sur lesquelles se dressent des lampes vertes de banquiers… Lorsqu’on entre dans Birks, on pénètre dans un parfait anachronisme.

Hannah Palmer

Le bâtiment que l’on connait actuellement sous le nom de Bâtiment William et Henry Birks a été inauguré en 1931 sous le nom de Divinity Hall. Alors, le bâtiment appartenait au Joint Board of Theological Colleges, une organisation qui regroupait quatre collèges religieux. En 1948, l’Université Mcgill et le Joint Board ont décidé d’établir une faculté d’études religieuses, mais ce n’est qu’un peu plus de vingt ans plus tard que le Divinity Hall changea de nom et fit place aux étudiants de dénominations non chrétiennes. En 1972, le Divinity Hall est remplacé par celui de William et Henry Birks (les bijoutiers) pour rendre hommage aux principaux donateurs de l’université et des collèges. Le bâtiment, de style gothique, a été conçu par l’architecte montréalais diplômé de McGill, Harold Lee Fetherstonhaugh. Du même architecte, vous avez peut-être admiré les églises St-Andrew et St-Paul sur la rue Sherbrooke.

Ce qui marque dans «l’expérience Birks», c’est le silence, un silence parfait. Si l’on n’entend pas de mouche voler, c’est parce que l’endroit est bien trop propre pour en avoir. «Il y a même un pot de bonbons sur le comptoir principal rempli par les soins du bibliothécaire», s’exclame Lucile Smith, une accro de Birks.

La chapelle de Birks, qui peut accueillir environ 175 personnes, abrite mariages, baptêmes et plusieurs cours et autres conférences publiques. Pour s’y marier ou se faire baptiser, il est toutefois nécessaire de faire partie de la communauté de McGill.

Hannah Palmer

Six diplômes y sont offerts: un baccalauréat spécialisé en religions du monde, en philosophie et religions occidentales, tout autant qu’un baccalauréat en théologie ou un doctorat en philosophie religieuse.

Selon la doyenne de la faculté d’études religieuses, une trentaine d’étudiants ont pour ambition de se faire ordonner. Ellen Keith affirme que ceux-ci s’intègrent bien à la communauté de l’université même si «ils sont sûrement plus attachés à leur faculté que la majorité des étudiants, car ils sont peu nombreux». Tout le monde qui y étudie se connaît et se salue, ce qui contribue à l’atmosphère chaleureuse. Un sentiment d’appartenance plus difficile à créer dans les autres facultés de McGill.

Kenneth Koo, étudiant en première année en la faculté des Arts se rend tous les jours dans la salle de lecture de Birks. Interrogé sur les raisons de ce choix alors que McGill compte treize autres bibliothèques, il déclare «se sentir bien dans celle-ci, qui dégage un sentiment chaleureux». De plus, «le fait que l’on doive enlever ses chaussures crée une sorte de complicité entre les étudiants, on se sent à la maison». Kenneth rajoute que «le silence est de plomb, très bien gardé par le bibliothécaire [Allan Youster, NDLR] qui nous accueille toujours aussi bien». Phene More, un étudiant qui poursuit son baccalauréat en théologie, dit que la faculté entière possède cette ambiance familiale et chaleureuse, et c’est pour cela qu’il y passe le plus de temps possible. Il renchérit que la salle de lecture est l’endroit idéal pour étudier.

Hannah Palmer

Ellen B. Aitken, doyenne de la faculté d’études religieuses fut ordonnée pasteure de l’Église anglicane en 1986. Les aptitudes qu’elle a développées grâce à son ordination l’aident dans son travail actuel. «Je suis formée à écouter des questions sur des points de vues religieux très divers. Le fait d’être pasteure est une bonne préparation pour devenir doyenne d’une faculté. Il y a des compétences communes aux deux fonctions telles que promouvoir l’unité de notre groupe.»

La bibliothèque et ses friandises vous attendent!