Bilan de campagne
1 février 2011
QPIRG: Opt out, le nombre de désengagements en hausse.

Vendredi dernier s’est achevée la période pendant laquelle les étudiants pouvaient décider d’exercer leur droit de retrait vis-à-vis du Groupe de Recherche d’Intérêt Public du Québec (GRIPQ), récupérant ainsi les 3,75$ de leur cotisation semestrielle. Tout au long de la période, les partisans du GRIPQ tentaient de limiter l’impact de la campagne «QPIRG: Opt-out!» menée par des militants conservateurs mcgillois.

Brendan Steven, secrétaire général du groupe Conservateur, se félicite du résultat de cette campagne. «C’est un succès! Encore plus d’étudiants ont été informés des activités du GRIPQ.» Les membres du GRIPQ dénoncent au contraire une campagne de désinformation.

Si le GRIPQ n’a pas encore publié les chiffres précis du nombre de désengagements, il y a peu de doutes sur leur nature. En effet, depuis que l’administration de McGill a décidé unilatéralement de transférer le processus de désengagement (opt-out) sur internet il y a près de quatre ans, les proportions n’ont cessé d’augmenter. Entre les seuls semestres d’automne 2009 et 2010 c’était près de 30% d’étudiants supplémentaires qui décidaient de retirer leur soutien à l’organisation.

Kira Page, membre du Conseil d’administration du GRIPQ déplore que la campagne des Conservateurs soit «entièrement axée sur la possibilité d’économiser 3,75$». «Nous souhaitons que les étudiants prennent leur décision en toute connaissance de cause. Si un étudiant est en désaccord avec ce que nous faisons et qu’il décide d’exercer son option de retrait, cela ne me dérange pas.» Brandon Steven estime pour sa part que les étudiants «ont assez de moyens de s’informer, notamment sur internet, pour pouvoir faire un choix éclairé». Il explique qu’il n’y a aucun débat au sein de son organisation quant à l’opportunité d’inclure des informations sur le GRIPQ sur les documents utilisés pendant la campagne. Ce n’est tout simplement «pas nécessaire».

Pour Anna Malla, coordonnatrice aux affaires internes du GRIPQ, «cela fait partie de la stratégie des Conservateurs pour faire croire que cette campagne est dépourvue de toute teneur politique, qu’il s’agit simplement d’économiser de l’argent. Or, leur but est clairement partisan.» Elle ajoute que l’hypocrisie des Conservateurs est évidente quand «d’un côté ils disent vouloir aider les étudiants à économiser quelques dollars et de l’autre ils soutiennent l’augmentation des frais de scolarité». «Nous sommes ceux qui nous battons vraiment pour les étudiants.»

L’effet secondaire, et quelque peu inattendu, de cette campagne c’est que presque tous les étudiants qui décident de retirer leur contribution du GRIPQ font de même pour tous les autres services à cotisation optionnelle tels CKUT, Midnight Kitchen, Night Line, Queer McGill ou même le fond de l’AÉUM pour les bibliothèques ou celui pour les bourses de scolarité. Pour répondre à cette «perte de financement généralisé» les services et groupes concernés sont en train de créer un site web dédié pour informer les étudiants des services que leurs cotisations subventionnent.