Un incontournable et un classique
25 janvier 2011

Barcelone, l’incontournable

On vous l’a sûrement déjà dit, mais je me permets de le répéter: si vous n’avez qu’un endroit à visiter en Europe en ce moment, c’est Barcelone. Pour toutes les merveilles de Gaudí telles que la Sagrada Família, la Casa Batlló ou bien le Parc Güell, où vous pourrez rejouer la scène du baiser torride de ce film français cucu… Pour les Ramblas, l’artère principale de la ville où on dirait que tous les anciens du Cirque du Soleil viennent finir leur carrière en faisant les statues humaines. Pour l’ambiance frénétique de la ville aussi, qui rappelle un peu Montréal au plus fort de l’été. Mais fois 100. Et à l’année longue.

Toutefois, selon moi, LA raison qui rend Barcelone (et toute la Catalogne) si incontournable, c’est sa cuisine. Non pas qu’elle soit nécessairement meilleure que ce qu’on trouve en France, par exemple, mais ce qu’elle a de meilleur est très accessible, au contraire de la France, justement. Un peu comme en Italie, en fait. Sauf qu’en vivant à Montréal, on est déjà en contact avec la cuisine italienne. Ce qui est loin d’être le cas pour la cuisine espagnole (oubliez les pâles imitations de paellas et de tapas qu’on peut trouver). De plus, la Catalogne est le berceau de la fine cuisine gastronomique contemporaine, dont Ferrán Adrià et sa cuisine moléculaire sont les figures de proue.

Mutari

Le meilleur endroit pour goûter, et voir, la richesse culinaire de la région, c’est le marché de la ville: le Mercat de la Boqueria. Sans doute un des plus beaux marchés d’Europe (du monde?) où les stands de fruits sont plus magnifiques que les arcs-en-ciel, les poissons et fruits de mer tellement frais qu’ils vous sautent presque dessus et des bars à tapas où l’on vous cuisine littéralement ce qui est derrière vous. Sans oublier leur jambon fumé, le jamón ibérico, roi de tous les lieux ayant un lien avec la bouffe dans ce pays. Et qui, soit dit en passant, est meilleur que le prosciutto.

Paris, le classique

J’ai une relation bizarre avec Paris. Autant je ne me lasserai jamais de visiter et revisiter la ville et de profiter des possibilités de divertissement inifinies qu’elle offre (toujours une expo que l’on n’a pas vue, un bon resto où l’on n’a pas mangé, un quartier que l’on n’a pas fini d’explorer…), autant, j’ai franchement détesté les trois années que j’y ai passées. À cause des Parisiens? Peut-être. Cependant, je pense que c’est plutôt la ville en soi, sa taille, sa promiscuité, sa grisaille quasi-permanente et son manque criant de verdure (même les arbres sont gris ici) qui en font un endroit souvent si peu accueillant. D’où la mauvaise humeur et l’air bête légendaire des Parisiens (qui ne sont certainement pas nés comme ça). Bref, le Parisien naît bon, et c’est la ville qui le pervertit, pour reprendre une formule connue.

Reste que c’est un endroit où l’on peut manger incroyablement bien, si tant est que l’on connaisse plus ou moins. Ce qui est bien, aussi, c’est que même si on se trouve dans une grande métropole cosmopolitaine, on peut encore trouver presque dans tous les restos des plats qui ne sonnent pas très cosmopolitains. Par exemple, lundi, dans deux restaurants assez courus de la ville, j’ai trouvé de la langue de veau et de la tête de veau (langue, cervelle…) au menu. Évidemment, j’en ai commandé les deux fois. La première fois, c’était excellent, quoiqu’un peu étrange comme petit déjeuner. Après la deuxième fois, qui était aussi bien, j’avais un peu l’impression qu’une deuxième langue allait me pousser au fond de la gorge.

Réflexion de voyage

Un peu comme les vaches qui ont quatre estomacs, je pense que les Européens ont développé, à la longue, un deuxième estomac servant uniquement à digérer l’alcool sans que le reste du corps en soit trop affecté. Sinon, je ne vois vraiment pas comment ils font pour boire autant pendant le repas du midi et recommencer à travailler après. Quoiqu’en Espagne, ils ont toujours la siesta…