Je suis ce que je mange
10 novembre 2010

Malgré le froid qui s’installe PARTOUT dans la province, on a qu’à franchir les portes d’un supermarché pour voir que le portrait est bien différent. On y trouve toujours des tomates et des concombres aussi rouges et aussi verts. Été comme hiver, côté alimentation, c’est du pareil au même. Des fraises, en veux-tu, en voilà!

En même temps, en tant que consommateurs éco-avertis, nous savons que les légumes de saison demandent moins d’énergie à produire que ceux qui ne le sont pas. Nous savons que les fruits exotiques, tels les ananas et les mangues, ne poussent pas sous la neige et que, même s’ils sont de saison dans leur pays d’origine, ils laissent une énorme «trace carbone» lors de leur voyage vers Montréal.

Tout en restant dans notre pays, le bilan n’est pas plus brillant quant à notre trace carbone. L’agriculture au Canada représentait 8,6% des émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2006 alors que seulement 7% de la surface du pays est cultivée. Les émissions de GES provenant de l’agriculture ont d’ailleurs augmenté de 26% entre 1990 et 2006. Cette  augmentation est due en grande partie aux engrais et à l’élevage intensif. En effet, la fabrication et l’épandage d’engrais chimiques et de pesticides ainsi que l’utilisation de machines agricoles tout au long de la saison réclament énormément d’énergie ce qui en fait des activités fortement émettrices de CO2. Ajoutez à cela un steak tous les soirs et on explose le bilan environnemental. D’ailleurs, n’importe quel environnementaliste vous le dira: si vous voulez faire une différence pour la planète en changeant vos habitudes alimentaires, coupez dans la consommation de viande.

À McGill, Organic Campus vient à la rescousse des étudiants désireux de manger santé et d’alléger leur bilan environnemental. Organic Campus est un service étudiant qui s’efforce d’offrir des légumes frais, abordables et biologiques en provenance d’une ferme située à une heure de Montréal. L’idée est inspirée en partie du système d’agriculture soutenue par la communauté dont le réseau a été mis en place par Équiterre en 1996, qui continue à offrir des paniers de légumes biologiques de saison, en été comme en hiver, à travers divers points de chutes prédéterminés.

Qu’est-ce qu’on y gagne? Des produits frais, locaux, exempts d’emballage, de pesticides et d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Ce sont des détails qui ont leur importance dans un pays comme le Canada, où la réglementation des OGM est quasi inexistante et où un grand nombre de pesticides utilisés en agriculture contient pas moins d’une soixantaine d’ingrédients actifs bannis dans la plupart des autres pays industrialisés.

Et bien sûr, le goût… Dans son livre The End of Food, Thomas Pawlick explique que développer des légumes pour améliorer leur durée de conservation, leur résistance à la manutention, leur couleur ainsi que leur uniformité a fortement contribué à la chute de la valeur nutritive et de la saveur des aliments au cours des dernières décennies. Dans une ferme biologique, on a plus de chances de trouver des variétés non sélectionnées.

Alors si ce n’est pour la planète, au moins pour nos papilles, retournons aux sources dans nos assiettes cette saison.

 
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