Se souvenir
3 novembre 2010

ATTENTION, CHRONIQUE DE DROITE

Le mois de novembre débute. L’hiver s’installera bientôt, la session tirera à sa fin dans peu de temps et nous aurons bientôt tous la tête à l’esprit de Noël. Toutefois, lorsque vous dégriserez de vos fêtes d’Halloween, vous devrez vous rappeler que des gens sont morts pour que vous puissiez fêter ainsi sans vous inquiéter. Les onze premiers jours de novembre sont là pour eux.

Peu importe vos opinions politiques, peu importe ce que vous pensez de la guerre et peu importe ce que vous pensez de la société dans laquelle nous vivons, vous devez au moins témoigner votre gratitude envers ceux qui ont choisi de donner leur vie pour l’Humanité, pour les enfants de cette dernière, pour vous et pour moi.

Nous tenons souvent nos libertés pour acquises. Or, il y a soixante-dix ans, nous étions loin de la coupe aux lèvres. L’Europe était sous la botte nazie et le Japon étendait sa sphère de coprospérité. L’Amérique allait bientôt être frappée et le Vieux Continent semblait perdu.

Or, des hommes et des femmes ont refusé que le monde sombre dans l’obscurité. Ils ont eu le courage et l’abnégation de considérer que leur seule et unique vie valait bien d’être sacrifiée pour la liberté. Ce sont des millions d’êtres humains qui ont caché des Juifs, abrité des résistants et pris les armes pour combattre. L’Italie, la Hollande, l’Afrique du Nord, l’Angleterre, la France et l’Allemagne furent la scène de l’horreur. Ils furent le tombeau de jeunes hommes plein de vie. Or, leur sacrifice ne fut pas en vain. Nous vivons encore dans un État de droit, l’Europe est libérée de la dictature et le Japon est une démocratie.

Ne pas leur témoigner de respect tient de l’ingratitude la plus dégoûtante. Se souvenir d’eux, c’est les remercier d’avoir considéré que leur vie valait bien ce qui restait d’Humanité dans le monde de l’époque. Il ne s’agit pas d’une prise de position belliciste. Au contraire, c’est s’opposer de manière claire et nette aux barbarismes les plus répugnants.

Du 1er au 11 novembre, affichez-vous. Portez un coquelicot et remerciez les vétérans que vous croiserez dans les commerces et dans les rues. Ils ont vu leurs amis périr. Rappelez-leur qu’ils ont fait le bon choix. Le devoir du souvenir se doit d’être transmis à notre génération, nous qui n’avons pas vécu les sacrifices et qui connaissons bien peu d’anciens combattants.

Aussi, dites-vous qu’en ce moment, dans le désert afghan, nos soldats se battent encore pour la même cause qui a animé des millions de personnes au cours du XXe siècle. Là-bas, la barbarie n’a pas encore cédé. Là-bas, ils ne sont pas libres d’aller à l’université. Là-bas, plus de 150 de nos combattants sont tombés.

À vous jeunes désabusés. À vous de porter l’oriflamme. Et de garder au fond de l’âme. Le goût de vivre en liberté.
 Acceptez le défi, sinon. Les coquelicots se faneront. Au champ d’honneur.

-John McCrae-

Ne les oublions jamais.

 
Sur le même sujet:
7 avril 2009
9 mars 2010
16 février 2010