Le parti Québécois devrait sérieusement penser à acheter les studios Mel’s Cité du Cinéma et créer leur maison de production cinématographique (Séparation) parce que, depuis deux semaines, le PQ nous propose leur dernier chef d’œuvre: «Quand la Belle-Famille subjugue la chef; l’histoire vécue d’un parti séparatiste dit québécois au Québec»; version anglaise aussi offerte (doublée par Mme Marois elle-même): «Separatist’s Holy Vendetta, Episode VII: The Family-in-law Strikes Back». Sortez votre pop-corn, ce dernier épisode est digne du Rocky Horror Picture Show.
Vendredi, le 29 octobre, le caricaturiste du journal Le Soleil de Québec nous offrait une caricature des plus savoureuses: les Belles-Mères. Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas de n’importe quelle belle-mère, mais bien celles du Parti Québécois. En effet, sur la caricature, on peut apercevoir Lucien Bouchard, Jacques Parizeau, Bernard Landry et Pierre Marc Johnson habillés de la jaquette et du bonnet «Môman» de La Petite Vie. L’entête était la suivante: «Avec le vieillissement de la population les démographes prévoient une forte augmentation du nombre de Belles-Mères». Pourquoi?
Dans le sacro-saint but de ne pas briser la convention de retenue (c’est-à-dire de ne pas commenter l’actualité politique du jour) de la part des anciens premiers ministres (s’il vous plaît, voyez ici du sarcasme), Jacques Parizeau a encore une fois fait une sortie pour réaffirmer que le leadership de Pauline Marois était chancelant et que -nouveauté- : Gilles Duceppe défend mieux les intérêts du Québec à l’étranger, au Canada et au Québec. En fait, si l’on illustre sa pensée, imaginez Gilles Duceppe et Pauline Marois sur une bicyclette tandem où seul Gilles Duceppe, à l’avant, pédale pour les deux… mais ils sont à l’unisson, affirme haut et fort Pauline Marois sur toutes les Tribunes.
Ce n’est pas la première fois que les Belles-Mères du Parti Québécois sortent pour dénoncer une certaine situation dans la société, mais, plus souvent qu’autrement, elles dénoncent la direction du Parti Québécois. Il suffit se remémorer la sortie de Lucien Bouchard affirmant que le Parti Québécois prend la place de l’ADQ dans la niche du radicalisme.
En plus des Belles-Mères telles que dessinées dans la caricature, le PQ a désormais deux nouvelles Belles-Sœurs fraîchement sorties de l’ombre. Elles répondent aux noms de François Legault et de Joseph Facal. En effet, ces derniers sont sortis dans les médias pour parler de leur nouveau projet: Force Québec, le parti de la droite unifiée (pas de chicane souverainiste/fédéraliste). La question qui tue: Comment se faire élire au Québec sans justement prendre position sur ce débat? Doit-on comprendre qu’on maintient le statut quo et donc, le fédéralisme? Ceci est un autre débat, mais le fait est que deux anciens ministres du dernier Gouvernement du Québec dirigé par le Parti Québécois font une sortie remettant en cause leur parti d’origine et en (presque) fondant un nouveau parti politique… c’est dur pour l’orgueil.
Cette semaine en réplique à la sortie de Jacques Parizeau, nous avons vu la valse des Agnès Maltais et Stéphane Bédard réaffirmant que leur cheffe était la meilleure et que, selon Agnès Maltais, elle serait au gouvernement avec Mme Marois lorsque le Québec sera indépendant, après les prochaines élections. J’aime bien penser que Agnès Maltais pensait la même chose sous Lucien Bouchard, Bernard Landry et André Boisclair; le club des Belles-Mères presque réuni.
Lundi, le 1er novembre 2010, coup de théâtre: le club jeunesse de la Belle-Famille: les Beaux-Enfants font leur entrée dans la danse en ligne. En effet, l’ancien président des jeunes bloquistes, Jean-François Landry, et quarante-neuf autres jeunes séparatistes (péquistes et bloquistes réunis) ont signé une lettre ouverte dans Le Devoir remettant en cause le leadership et surtout le Plan Marois pour l’indépendance du Québec.
La Belle-Famille au complet se réunit en État-Major, devrait-on déjà les voir scander: Le roi est mort, vive le roi?
Le vieil adage le dit si bien: le PQ est dur avec ses chefs. Depuis la sortie des Belles-Sœurs du PQ, la cheffe se fait servir des crocs-en-jambe l’un à la suite de l’autre; remettant sérieusement en question son leadership. Ceux des Belles-Mères ne font qu’aggraver les choses et celui des Beaux-Enfants rajoute de l’huile sur le feu. En espérant que Mme Marois soit encore en poste aux prochaines élections pour assurer une victoire libérale, car pour l’instant le message séparatiste ne passe pas avec la population, Pauline Marois récolte un point de plus que Jean Charest sur la question «Qui ferait le meilleur premier ministre?». Pour être conséquent avec eux-mêmes, les militants du PQ devraient laisser la chance au coureur lors de la prochaine élection et ensuite décider de son sort (malheureusement écrit dans le ciel avec de grosses lettres fluorescentes) en cas de défaite du PQ. Ainsi, Mme Marois pourra enfin rejoindre la constellation des Belles-Mères dans le firmament des ex-politiciens ne respectant pas la convention de retenue… même André Boisclair (seulement chef du PQ) la respecte normalement… pour l’instant.