Mange ta ville
18 octobre 2010

Des magazines culturels, la télévision nous en propose de toutes sortes. Des prétentieux, des artistiques, des «populaires»… Depuis quelques années, ils se multiplient à une vitesse folle, menaçant de saturer les ondes télévisuelles. Mais un, tout particulièrement, se démarque et s’impose par sa vision originale et, ma foi, incomparable: c’est Mange ta ville.

Tout est parfait dans Mange ta ville. Le choix des thèmes, la manière de les traiter, l’animation, les images, le côté juste assez underground… L’émission a maîtrisé, semble-t-il, l’art du magazine culturel comme peu d’autres arrivent à le faire et l’a porté ailleurs, un ailleurs qui nous plaît beaucoup. Chaque semaine, un thème différent est exploré, dérivé, apprêté selon différentes variations. Parmi les thèmes des émissions passées figurent l’absurde, le sexe, la révolte, l’image, le romantisme, le danger… Tant de mots qui évoquent des idées incroyablement vastes, voire universelles, mais que l’équipe de Mange ta ville observe avec précision, en dévoilant leurs multiples facettes. Et elle le fait, à chaque fois, avec intelligence et pertinence.

L’animation de Catherine Pogonat nous emmène dans un monde légèrement décalé mais authentique, atypique mais fascinant. Sa présence à l’écran est unique. Elle orchestre l’émission avec doigté, sans donner dans le cliché de l’animatrice-vedette qui cherche la lumière des projecteurs. Les entrevues sont nombreuses et toujours intéressantes –même lorsqu’elles mettent en vedette d’illustres inconnus–, le ton est particulier et unique, et le propos, toujours intelligent. Pogonat n’anime pas, elle guide Mange ta ville jusque dans les moindres recoins d’un monde à découvrir.

La signature visuelle unique du magazine y est pour beaucoup dans la réussite de l’émission. Le look très cinématographique de celle-ci lui va à merveille, et transforme les fragments qui la composent en autant de scènes indépendantes mais inextricablement liées entre elles. Qu’on y parle de la joie, de l’irrévérence ou du désir, les images sont toujours fortes, comme des clichés en mouvement. Les vues de Montréal sont magnifiques et parviennent à capturer l’essence de la ville, à aller au-delà de ce que l’on est habitué de voir tout en nous présentant un paysage tout à fait familier.

Il semble que l’équipe de Mange ta ville ait un don: celui de créer de magnifiques moments de télévision. Car chaque fragment de l’émission est comme un tableau qu’on voudrait conserver, chaque épisode comme une exploration.

La sixième saison de Mange ta ville débutera mercredi le 20 octobre, à 23h30, sur les ondes de ARTV.