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C’est la larme à l’oeil mais le poing toujours brandi bien haut que l’équipe 2009-2010 du Délit vous souhaite de passer un été des plus inspirés.

Les fondateurs du Délit français, back in 1977, auraient-il espéré dans leurs rêves les plus fous voir leur progéniture traverser les années jusqu’à atteindre l’âge adulte? Difficile à dire… Né dans un contexte pour le moins houleux marqué par les tensions linguistiques, et ayant trouvé sur son chemin de nombreux écueils allant des déchirements internes explosifs jusqu’à l’indifférence presque complète des lecteurs, Le Délit aurait pu rendre l’âme à bien des moments de son histoire. Et pourtant, contre vents et marées, on a fini par y arriver: ce numéro clôt la 33e année d’existence du Délit. Ce n’est pas peu dire, car voilà qu’on a atteint l’âge vénérable du Christ lui-même. Ne reste qu’à espérer qu’on n’aura pas à subir tout le flafla du chemin de croix, crucifixion, résurrection, et alouette pour vous revenir en force pour une 34e saison.

Transformer l’eau en vin

Justement, parlant de chemin de croix, la Sainte-Trinité du Délit-Daily-SPD vient de s’en éviter un (pardonnez la métaphore pascale un peu tirée par les cheveux). En effet, la majorité des étudiants qui ont voté ont choisi de renouveler leur support à la Société des publications du Daily (la SPD), qui publie Le Délit et le Daily en lui accordant une contribution supplémentaire de 1$ par session. Chers membres de la em>SPD (vous l’êtes tous, si vous êtes inscrits à McGill), soyez assurés que ce dollar supplémentaire prélevé dans votre portefeuille sera utilisé à bon escient. Le Délit et le Daily ont toujours déployé toutes leurs énergies à produire des journaux de qualité, pertinents et originaux –et croyez nous sur parole, ça tient parfois du miracle tant on tente d’en faire beaucoup avec si peu. Les deniers supplémentaires nous permettront de maintenir un même niveau de qualité tout en maintenant notre indépendance journalistique face aux annonceurs –une combinaison qui se fait de plus en plus rare de nos jours. De surcroît, ces ressources nous permettront de prendre le virage numérique, et ainsi d’assurer notre survie à long terme dans le monde de l’information en pleine mutation.

Le seul journal francophone de l’Université McGill

Si les étudiants ont réaffirmé leur support à la presse étudiante indépendante, ce n’est malheureusement pas le cas de l’administration de McGill. Pendant que vous lisiez béatement nos pages au courant de l’année, une série de lettres et de coups de téléphones s’échangeaient en coulisses entre la Société des publications du Daily et l’administration. Ces derniers se font pointilleux sur tout ce qui pourrait associer de près ou de loin les deux publications et l’Université McGill. Leur insistance à se dissocier du Délit et du Daily est parfois si pesante qu’elle peut parfois ressembler à une volonté de mettre des bâtons dans les roues à des institutions étudiantes pourtant établies de longue date. Les journaux étudiants ont toujours fait partie de l’écologie des campus universitaires; ils y jouent un rôle unique, indispensable à l’éclosion d’une expérience étudiante riche et diversifiée. L’administration aurait tout avantage à supporter les initiatives de ses étudiants plutôt que de les accabler de démarches coûteuses en temps et en énergie. Cette tendance ne date pas d’hier (nombre de groupes et clubs ont été sommés de retirer «McGill» de leur nom officiel dans les dernières années).

En entrevue avec Le Délit plus tôt cette année, Morton Mendelson, le même qui signe les lettres (rédigées en anglais –est-ce pour ajouter l’insulte à l’injure?!) envoyées au Délit, affirmait que «la chose la plus importante pour McGill est la qualité de ses étudiants», et que l’Université «veut aider ses étudiants tant sur le plan intellectuel que personnel». Ces beaux principes ne seraient-ils que façade qui s’écroule lorsque vient le temps d’appuyer les initiatives étudiantes qui permettent de créer du lien social, d’exprimer nos besoins, de façonner notre environnement immédiat, de mettre nos valeurs et nos apprentissages en actions, de sortir le nez de nos livres pour se frotter au «vrai monde» –bref, de se développer «tant sur le plan intellectuel que personnel»?

L’écart flagrant entre le discours et les actes de l’administration mcgilloise est tel qu’on peut légitimement se questionner sur leurs réelles motivations. L’administration se préoccupe-t-elle réellement de la qualité de vie de ses étudiants, ou plutôt de sa réputation corporative? Tant qu’à nous, le fardeau de la preuve est dans le camp de l’administration.

* * *

Trente-trois ans plus tard, les écueils n’ont donc pas disparus de l’histoire du Délit. Malgré cela, nous avons fait de notre mieux pour faire honneur à la tradition, et nous sommes ainsi échinés toute l’année à vous livrer, semaine après semaine, une nouvelle édition de cet improbable miracle qu’est Le Délit, journal étudiant francophone et indépendant en plein bastion de l’anglophonie montréalaise qu’est McGill. C’est donc avec un inévitable pincement au coeur que l’équipe 2009-2010 vous livre ce dernier opus qui se languira sur les présentoirs sous les grandes chaleurs de l’été qui s’amorce. Vous pourrez le lire et le relire avec délectation et ce, jusqu’à ce qu’une nouvelle génération de fervents «Déliites» reprenne le flambeau (que nos bras meurtris leur tendent bien haut) en septembre prochain. C’est un rendez-vous!

merci

«Le Délit, c’est vous.»

On le répète souvent: l’existence d’un journal francophone sur le campus de McGill tient véritablement du miracle. Il ne saurait se répéter semaine après semaine sans l’immense contribution en temps et en énergie de tous ses artisans. À tous ceux et celles qui ont contribué, de près ou de loin, à faire du Délit un journal étudiant toujours plus pertinent et de meilleure qualité: merci.

Collaborateurs

Bertrand Achou, Julien Adant, Marek Ahnee, Andréa Alary-Hoffman, Vincent Allaire, Eric Andrew Gee, Radey Barrack, Marie-France Barrette, Adrien Baudet, Marion Béchéri, Hugues D. Bergeron, Vladislav Bezrukov, Laetizia Binda-Partensky, Elisabeth Boulanger, Jean-Thomas Brière, Terence Byrnes, Geneviève Chantal-Hébert, Martine Chapuis, Erwan Cloarec, Anabel Cossette-Civitella, Laurence Côté-Fournier, Miruna Craciunescu, Guillaume D. Cyr, Geneviève Dauphin, Maxyme G. Delisle, Mélanie Devirieux, Victor Diaz Lamich, Anne-Sophie Doré, Marie-Lise Drapeau- Buisson, Daniel Dubois, Samuel Dubois, Ralph Elawani, Edouard d’Espinay Patricio, Frédéric Faddoul, Klaus Fiedler, Laurence Fredette-Lussier, Jude Freeman, Zoé Gagnon-Paquin, Audrey Gauthier, Fiona Gédéon Achi, Marlène Gélineau-Payette, Raphaël Girard, Niko Goldberg, Marie- France Guénette, Marie-Claude Hamel, Jean-François Hamelin, Habib Hassoun, Laure Henri-Garand, Valérie Héon, William Hodgson, Emanuelle Jacques, Christophe Jasmin, Stéphanie Jasmin, Christophe Jivraj, Bicky Jones, Maese Jose, Miori Lacerte- Lamontagne, Adaée Lacoste, Mylène Lafrenière Abel, Constance Lahuna, Rolline Laporte, François Lapperrière-Racine, Annick Lavogiez, Geneviève Lavoie-Mathieu, Louise Leblanc, François LeClair, Samuel Leduc-Frenette, Eve Léger-Bélanger, Francis Lehoux, Guy L’Heureux, François Le Moine, Jeremy Leopold-Metzger, Annie Li, Kevin Ly, Yanick Macdonald, Justin Margolis, Véronique Martel, Matt May, Daniel Mayer, Marie McCulloch, Margaux Meurisse, Philippe Morin, Ben Ngai, Urooj Nizami, Samuel Pagé-Plouffe, Hannah Palmer, Karine Patry, Xavier Peich, Xavier Phaneuf-Jolicoeur, Daphné B. Pilon, Xavier Plamondon, Catherine Renaud, Jacqueline Riddle, Maya Riebel, Barry Russell, Marie- Odile Samson, Véronique Samson, Zayaan Schock, Julien Stout, Aurélie Sykes, Philippe Teisceira-Lessard, Mathilde Touret, Sara Traore, Michael Vahrenwald, Catherine Viens-Labeaume, Audrey Wilhelmy, la Clinique d’information juridique de McGill, la Commission des Affaires francophones et l’Institut du nouveau monde.

Équipe de rédaction

Claudine Benoît-Denault, Vincent Bezault, Émilie Bombardier, Éléna Choquette, Julie Côté, Catherine Côté-Ostiguy, Rosalie Dion-Picard, Guillaume Doré, Stéphanie Dufresne, Emma Ailinn Hautecoeur, Anthony Lecossois, Amélie Lemieux, Julie Leroux, Jimmy Lu, Alexandre Ruiz de Porras Guédon, Mai-Anh Tran-Ho et Julie Turcotte.

Votre dévouée équipe édioriale (et collaborateurs dévoués), dans l’ordre: Anthony, Jimmy, Vincent, Xavier Plamondon, Amélie, Guillaume, Julie (Leroux), Mai-Anh, Anabel
Cossette-Civitella, Claudine, Stéphanie, Éléna, Émilie, Catherine et Emma (étaient absents: Julie Côté, Rosalie Dion-Picard, Alexandre de Porras Guédon et Julie Turcotte).