L’équateur

 

J’ai une larme en tête
Mais n’en sens que le sel
Humide poussière de ciel
Qui se consume en la bête
Qui gerce mes lèvres

Huilées par la joie qu’on me prête
Qui gerce mes lèvres
Et me perce d’arêtes
Qui divisent mes yeux et mes mains et ma tête

Les jours battent mes grèves
Celles où mes vents chargés d’orages crèvent
La mer
J’en surgis et j’y plonge
Je suis un équateur
J’existe entre deux mondes

J’ai une goutte de pleurs
Qui roule dans mes cheveux
Qui s’ébroue en silence
Mais n’irrigue pas mes yeux

Et j’ai la tête aveuglée par la vérité du sel
Humide poussière de ciel
Qui se consume en la bête
Qui gerce mes lèvres

Huilées par la joie qu’on me prête
Qui gerce mes lèvres
Et me perce d’arêtes
Qui divisent mes yeux et mes mains et ma tête

Mes lèvres s’assèchent et deviennent dunes
Découvrent des esquifs
Des lunes
Un pâle sourire s’esquisse
Je change de visage mais conserve mes lacunes

Puis j’explose en plein soleil
Lorsque j’atteins la chute
Du haut de l’équateur
L’impact au sol est brut.