Aujourd’hui, j’ai le sourire facile qui fuit à toute vitesse
J’essaie d’écrire, je m’escrime, je m’échappe de la pièce
Aujourd’hui, je m’en vais gravir le soleil, je dois revoir sa cime
Je dois me rappeler de son visage pour tous les jours qui viennent.
Je ne veux plus sauver les meubles, je veux que ma vie soit un film,
Un oeuvre, sans générique, comme une page pleine.
Aujourd’hui, j’ai déchiré mes vieux vêtements, j’avance comme certains traînent,
J’ai su qu’il fallait tout laisser derrière lorsqu’il n’y a plus de cible.
Tout peut brûler encore une fois, car je ne suis plus mer d’huile
Je suis la sève qui s’élève dans le coeur d’un vieux chêne
Aujourd’hui, j’ai quitté tes côtes, j’ai transpercé la bête.
Je marcherai seul, j’aurai une plume pour tailler des tempêtes
Aujourd’hui, j’ai franchi le seuil et brisé la vitre
Seul, j’ai foulé le sol vierge pour y célébrer un rite
J’ai invoqué les forces brutes qui désertent le pupitre
Le vent et le volcan ont levé la main le mythe.
Aujourd’hui, j’ai ouvert les yeux et j’ai enfin redressé le dos
J’ai rompu les rangs, percé les lignes pour pouvoir passer le mot
J’ai perdu ma route, mordu la poussière, j’ai goûté ses arômes
J’arriverai à Rome par le chemin tracé dans mes paumes
Aujourd’hui, je m’en vais gravir le soleil, je dois revoir sa cime
Je dois me rappeler de son visage pour tous les jours qui viennent.
Je ne veux plus sauver les meubles, je veux que ma vie soit un film,
Un oeuvre, sans générique, comme une page pleine.
Aujourd’hui, j’ai déchiré mes vieux vêtements, j’avance comme certains freinent,
J’ai su qu’il fallait tout laisser derrière lorsqu’il n’y a plus de cible.
Tout peut brûler encore une fois, car je ne suis plus mer d’huile
Je suis la sève qui s’élève dans le coeur d’un vieux chêne
Aujourd’hui, j’ai marché à l’amour, comme certains marchent à la guerre
Ce sera l’âge du feu comme ce fut l’âge de la pierre
J’embraserai le ciel, il n’y aura que lumière
Puis, j’embrasserai ses lèvres comme certains embrassent la prière
Quand j’arriverai à elle, ce sera seul et les mains vides
Nous serons immenses et sûrs de rien, sphinx sur les pyramides
Je sentirai ma peau brûlante se consumer sous sa main
Sachant que cette dernière est celle qui sculptera demain