INDEPENDENZAAA!
Vous croyiez avoir échappé à la période trouble des débats concernant le séparatisme au Canada et le sécessionnisme aux États-Unis? Vous croyiez aussi que la politique étudiante était soporifique, dénuée d’intérêts et d’enjeux? Eh bien, attelez-vous à cette chronique, puisque vous êtes doublement dans l’erreur, et qu’il n’est pas trop tard pour vous instruire. Si vous avez cru entendre le mot «désaffiliation» résonner au détour d’un couloir, ou être chuchoté par des voix invisibles, vous n’êtes peut-être pas aussi fou que vous le pensez.
En effet, le président de l’Association des étudiants de droit (AÉD) Alexandre Shee, désire repenser la relation entre l’AÉD et l’Association des étudiants de l’Université McGill (AÉUM). Le noeud de l’affaire? Le financement, et en particulier celui des clubs.
«L’argent se perd dans les étapes»
Ce conflit étant à l’image du sécessionnisme étatique, l’institution subordonnée voit d’un mauvais oeil les tendances centralisatrices de l’institution dominante qui sont, d’après elle, désavantageuses. Effectivement, selon Shee, le financement des clubs de la Faculté de droit est entravé par le «système trop centralisé» de l’AÉUM qui «complique l’allocation et le financement». D’après lui, les étudiants de droit y sont les grands perdants, parce que «l’argent se perd dans les étapes».
Shee affirme que les étudiants de droit donnent beaucoup plus d’argent à l’AÉUM qu’ils n’en reçoivent, soit environ 140$ par élève chaque année. Et la situation risque d’empirer, prévient-il, puisque l’AÉD pourrait voir l’allocation donnée par l’AÉUM s’évaporer totalement d’ici les prochaines années.
Se montrant très critique à l’endroit de l’AÉUM, Shee assure que celle-ci est «déconnectée» de la réalité de la Faculté de droit et ne tient pas compte de son caractère particulier. De toute façon, ajoute- t-il, les étudiants en droit ont moins de liens avec l’AÉUM, dont ils utilisent peu les services et fréquentent peu les activités, qu’avec l’Association des étudiantes et étudiants des deuxième et troisième cycles (AÉÉDTC), à laquelle ils paient déjà des frais annuels pour l’utilisation de la Thomson House.
Un mot sur le comité
Le président de l’AÉD a donc mis en place un comité de huit membres, dont la tâche sera d’évaluer avec sang froid les avantages et inconvénients de son affiliation à l’AÉUM. La désaffiliation, une des options à la portée de l’AÉD, sera également mesurée. En effet, selon Shee, ce dossier ne doit pas être vu comme une guerre de pouvoir entre les deux associations, mais plutôt comme une occasion de corriger une situation désavantageuse pour les étudiants en droit. Lorsque vous lirez cela, le comité aura tenu sa première réunion, celle du 12 mars, et il sera peut-être possible d’en savoir plus sur l’avenir de l’AÉD.
Nous devrions bientôt connaître la position du président de l’AÉUM.