Une université qui roule
30 novembre 2009
Abordable et écologique, le vélo n’est pas qu’un sport, c’est aussi un moyen de transport de plus en plus populaire, mais McGill est-elle l’université rêvée pour les vélos?

S’il est question de parler de l’université rêvée, il semble bien que la question du financement et de l’accès à une éducation de niveau supérieur est primordiale. Par contre, je décide aujourd’hui d’éviter de vous présenter ma vision utopiste de l’université et de diriger ma discussion vers un autre enjeu actuel de notre société qui touche aussi nos campus: l’environnement.

Si la ville de Montréal a de quoi être fière de l’installation des vélos BIXI, pour les étudiants, aller à l’école à vélo n’est toujours pas la solution de transport la plus simple. En fait, l’idée des BIXI est fantastique, mais peu réaliste comme moyen de transport efficace: il faut trouver un vélo à la station de départ et un espace libre à l’arrivée, ce qui n’est pas garanti. Pour éviter ces contraintes, mieux vaut acheter un vieux vélo et l’enchainer à tout ce qui peut nous tomber sous la main; clôture, panneau de signalisation, arbre et avec beaucoup de chance, un bon vieux rack à vélo –bien trop rare sur le campus à mon avis. Je vous propose donc un petit voyage au Japon afin de chercher une solution possible.

Le 16 juillet 2008, je suis à Sapporo et la famille qui m’héberge me laisse utiliser un vélo pour me rendre jusqu’au métro, qui se trouve tout de même à un kilomètre de la maison. Sur mon vélo, le trajet se fait rapidement et arrivé à la station de métro, je suis sous le choc: il y a ce que j’appellerais un… stationnement incitatif… pour vélo. J’avais déjà vu un grand nombre de vélos près d’une gare à Tokyo, mais là, j’étais vraiment stupéfait. Je laisse donc mon vélo dans ce stationnement, en prenant soin de bien le verrouiller… à la japonaise: il suffit de tirer un levier pour lever la selle et barrer la roue arrière; aucun besoin d’enchainer son vélo à une structure bien ancrée au sol.

Je prends le métro pour aller à l’Université de Hokkaidô et arrivé là-bas, je réalise que là aussi les vélos sont omniprésents. Près de la porte de chaque bâtiment, il y a des vélos, et de nombreux espaces de stationnement sont aménagés. La preuve que les vélos sont populaires, il m’arrive de croiser une longue file de vélos alignés les uns à côté des autres, le long de la rue.

Bien que j’ai souvent vu des sportifs à vélo à Montréal depuis que j’y habite, il ne m’a jamais semblé que le vélo était un moyen de transport très commun dans la métropole. S’il faut féliciter Montréal pour les BIXI et pour la création de pistes cyclables dans la ville, cette dernière ne semble pas avoir songé à installer des espaces de stationnement raisonnables pour les vélos près des stations de métro. Les universités non plus ne semblent pas avoir compris: pour que les étudiants utilisent un vélo, il faut leur donner des outils pour faciliter son utilisation. Au Japon, certaines compagnies vont plus loin et proposent des primes pour les utilisateurs de vélo, et des centres proposant des espaces de stationnement, des vestiaires et des douches pour les cyclistes ouvrent leurs portes.

Il y a encore beaucoup à faire ici, mais installer des racks à vélo en grand nombre sur le campus est une action simple qui permettrait de faire un pas vers l’université rêvée, une université qui prône un mode de transport sain pour le corps et pour l’environnement.

Partagez avec nous vos stationnements favoris à Montréal et sur le campus. Si vous avez des photos, evoyez les à web [à] delitfrancais [point] com et elles seront ajoutée à la galerie d’images.