Montréal et le reste du Québec: les nouvelles «deux solitudes»?
17 novembre 2009
Envie de vous évader? Nous aussi! Cette semaine, échappez au bitume et franchissez avec nous les ponts de l’île montréalaise. À la découverte de l’autre solitude, celle du reste du Québec.

À McGill, les deux solitudes canadiennes, ça nous connaît! Il y a sûrement peu d’endroits en ce pays où la ligne de partage entre la nation québécoise et le rest of Canada est aussi manifeste qu’à la frontière entre la bulle du ghetto McGill et le rest of Montreal. Heureusement, la dichotomie Montréal-Toronto, on finit par en revenir quand on se rend compte que oui, c’est possible de se faire des amis torontois franchement chouettes, et que de toute manière, les Canadiens battent toujours les Maple Leafs (l’important étant de gagner les batailles qui comptent vraiment…).

Toujours à l’affût de nouvelles frontières à franchir, votre dévoué Délit s’est donc penché sur une autre dichotomie, pourtant moins visible dans notre vénérable institution: celle entre Montréal et les régions. Et pour ceux qui ne sont pas d’ici, on vous met tout de suite au parfum: toutes les régions ne sont pas en région. La région de Montréal n’est donc pas une région en région. Nuance importante, puisque dans la réalité québécoise, le terme «région» sert à désigner les contrées rurales et semi-urbanisées, de manière analogue aux provinces françaises. Certains puristes iront même jusqu’à classifier sous le terme de «région» tout ce qui n’est pas Montréal, incluant les banlieues rapprochées et les villes comme Québec, Gatineau, Sherbrooke, etc. (Suggestion d’activité de la semaine: allez dire à un résident de la ville de Québec qu’il vit en région. Reculez de quelques pas et observez sa réaction. Divertissement garanti ou on ne s’appelle plus Le Délit!).

Qu’en est-il, donc, des deux solitudes québécoises? À entendre la panoplie de clichés qu’entretiennent les uns sur les autres, Montréal et le rest of Quebec semblent se distancier de plus en plus. L’une serait peuplée d’insulaires snobinards et nombrilistes créchant sur l’honni Plateau- Mont-Royal, entourés d’unilingues anglophones et de femmes en burqa, alors que l’autre serait un espèce de trou noir culturel où vivotent les villageois béotiens et xénophobes que l’on pouvait voir à la télé lors des audiences Bouchard-Taylor! Ces caricatures sont presque grotesques, mais elles n’en ont pas moins une résonance de plus en plus forte de part et d’autre. Le «514» seraitil en passe de s’isoler du reste du Québec?

Alors, comment jeter des ponts pour rapprocher nos deux solitudes puisque l’affrontement métropole vs. régions n’est bénéfique pour personne? De Ferme-Neuve à La Tuque, en passant par Val D’or et Saint-Jean-Port-Joli, ne reculant devant aucun obstacle, l’équipe du Délit a franchi les frontières de son isolement insulaire pour vous faire découvrir l’autre côté de la médaille québécoise: les régions.

Fragments régionaux

Le Québec hors Montréal, c’est un territoire de 1 311 628 km2, divisé en dix-sept régions administratives où vit 75% de la population québécoise (50% si on exclut les banlieues rapprochées) et 18% des immigrants récents. C’est aussi un PIB de 128$ milliards et 51% des emplois de la province. Et, il faut le dire, c’est également 4 milliards de revenus fiscaux en provenance de la métropole –véritable coeur économique de la province– qui y sont investis annuellement selon les calculs de l’économiste Claude Picher.

«Les régions» sont pourtant loin de constituer une entité homogène. Afin de vous permettre de découvrir leurs réalités propres, les modes de vie de leurs habitants, les enjeux qui les préoccupent, leurs problèmes et leurs réussites, Le Délit vous offre une série d’articles qui vous feront faire le tour de la belle province sans avoir à brûler une seule goutte d’essence pour parcourir ses loooongues autoroutes. On a bien essayé de le cacher derrière notre soi-disant neutralité journalistique, mais c’est un secret de polichinelle: on est en amour avec les régions! Laissez-vous porter, le voyage commence.