Noir sur blanc
3 mars 2009
Montréal en fête

Les mcgillois étaient peut-être en relâche la semaine dernière, mais ce n’est pas l’action qui manquait dans la métropole. Non seulement la plupart des autres étudiants étaient-ils toujours sur les bancs d’école, attendant cette semaine pour souffler un peu, mais Montréal elle-même, loin de faire relâche, était particulièrement active. En cette fin-février, le Festival Montréal en lumière a investi les rues glacées de notre ville, question de nous faire oublier le froid. Il s’est clos samedi avec une nouvelle édition de la désormais célèbre Nuit blanche. Pendant toute une nuit, les Montréalais ont pu retrouver, malgré l’hiver, la chaleur des festivals de l’été.

Ce n’est pas rien, tout de même: au beau milieu de la saison froide, Montréal continue de faire honneur à sa réputation de «ville des festivals». Les rues, même lorsque la température ne s’y prête pas, sont animées de citadins avides de découvertes ou de retrouver les artistes qu’ils aiment. La métropole ne semble jamais oublier de faire une place de choix à la culture et ce, trois cent soixante-cinq jours par année. Les plus courageux peuvent trouver leur compte même sous la neige, mais c’est durant la saison estivale que la vocation de Montréal prend tout son sens. Et l’on peut véritablement parler de vocation: le Festival de Jazz, les FrancoFolies, Juste pour Rire et les autres font littéralement partie, durant les mois d’été, du décor urbain.

Fière de son statut privilégié, Montréal ne cesse de vouloir se faire belle, pour accueillir en grand les événements qui font d’elle ce qu’elle est. C’est ainsi que le mystérieux mais déjà mythique Quartier des spectacles est en train de voir le jour, fruit des efforts de plusieurs gros joueurs de la scène culturelle montréalaise. La création d’un quartier thématique peut certes paraître excentrique, surtout au beau milieu d’une crise économique, mais les organisateurs sont confiants et le maire plus qu’enthousiaste. On nous confirmait donc récemment que, malgré la situation actuelle, le Quartier des spectacles continuerait de se développer selon l’horaire prévu. L’objectif? Faire de Montréal une ville unique en son genre et connue mondialement, en misant sur ce qui fait sa spécificité. Ambitieux!

Mais si le Quartier des spectacles vise la promotion de la vie culturelle montréalaise, il ne faut pas oublier qu’il s’inscrit aussi dans une tentative de revamper un centre-ville où les bars de danseuses se faisaient un peu trop nombreux au goût de notre bon maire. Dans l’entreprise qui a mené à l’achat de nombreux bâtiments pour former le nouveau centre culturel de la métropole, plusieurs établissement qui faisaient la réputation du Red Light ont fermé leurs portes pour que leurs locaux soient utilisés à de plus nobles desseins. Fini, les peep-shows, place à l’Art!

En attendant de savoir si Montréal deviendra la capitale mondiale de la Culture, nous continuerons de pleurer sur notre cher Spectrum que rien, au bout du compte, n’aura pu sauver. Au centre de la ville de Montréal, un terrain vague continue de nous narguer, se moquant bien de nos belles ambitions.