Francofête de McGill: réussite, bien que la francophonie batte de l’aile
17 février 2009
Pour célébrer la diminution du nombre de francophones à McGill, l’administration tourne le dos à la commémoration des quarante ans de McGill français.

«Les gens ont été réceptifs; ça c’est mieux passé que l’an passé», a commenté Amélie Gouin, commissaire francophone de l’Association des étudiants de McGill (AÉUM), en parlant de la Francofête qui s’est déroulée la semaine dernière. Le vin et fromages ainsi que la cabane à sucre extérieure ont été parmi les activités que les étudiants ont le plus appréciées, selon ses dires. Rappelons que la Francofête est une semaine d’activités ayant pour but de célébrer la culture francophone.

Cela étant dit, l’accent n’était pas mis uniquement sur l’aspect francophone. D’ailleurs, le but de la semaine était «de célébrer la culture francophone dans une optique de bilinguisme», a affirmé Gouin. Comme le précise Alex Shee, conseiller au conseil de l’AÉUM pour la Faculté de droit, l’objectif de la Francofête était «d’encourager le bilinguisme et de faire connaître la richesse de la culture francophone». Le bilan de la Francofête 2009 étant maintenant fait, la Commission aux affaires francophones se prépare à célébrer le 40e anniversaire du mouvement McGill français.

Gouin rappelle que le mouvement s’est développé en 1969 lorsque plusieurs étudiants ont manifesté pour exiger que McGill devienne francophone, ce qui n’est jamais arrivé. Par contre, «depuis la manifestation, l’université a pris des mesures pour améliorer la situation des francophones sur le campus», a dit Gouin. Par exemple, dans les années soixante-dix, l’université s’est fixé comme objectif que la population étudiante francophone de l’université atteigne un minimum de 25 p. cent, ce qui a été atteint dans les années quatre-vingts, selon Gouin.

Mais la situation est aujourd’hui différente. Le pourcentage des étudiants francophones à McGill oscille autour de 17 p. cent, prétend Gouin. La commission francophone a récemment demandé au Sénat universitaire si leur but était toujours de maintenir le pourcentage à 25 p. cent. «Leur réponse a été que McGill souhaite avoir les meilleurs étudiants», a dit Gouin. «Non seulement la réponse à ce sujet était insatisfaisante, mais l’administration de McGill ne compte pas participer à l’activité qui soulignera le 40e anniversaire le 25 mars», affirme Gouin.

Trois interlocuteurs qui ont participé au mouvement McGill français seront présents à l’événement. Il s’agira d’une occasion pour discuter de la francophonie à McGill. Pour Shee, le but de célébrer le 40e anniversaire, c’est de «remettre de la vigueur dans le mouvement et de s’assurer d’avoir un espace universitaire ouvert à tous les étudiants». Par ailleurs, Gouin dit que la rencontre du 25 mars permettra de «remettre les pendules à l’heure sur ce que le mouvement était à la base.»

De son côté, l’administration a signifié aux organisateurs de la commémoration une fin de non-recevoir. La commission a demandé à l’administration de reconnaître le 40e.  Celle-ci a toutefois répondu qu’elle «ne pouvait pas l’appuyer, mais qu’elle serait prête à rencontrer le groupe», a dit Gouin. La commission doit donc encore rencontrer l’administration pour discuter de ses motifs. «McGill a ses origines dans un milieu francophone», a affirmé Shee. Ne pas assister à cette rencontre, c’est dire qu’une partie de l’université ne devrait pas avoir une voix», a-t-il poursuivi. Même son de cloche de la part de Gouin, qui regrette la situation: «C’est dommage de ne pas reconnaître ce qui s’est passé.» Pour sa part, le premier vice-principal exécutif adjoint de l’Université McGill a affirmé dans un courriel que «le français est beaucoup plus un fait de la vie à McGill qu’il ne l’était en 1969. Que ce soit en raison du mouvement McGill français ou que ce soit un phénomène qui se serait passé de toute façon reste sujet à débat. Mais, il n’y a pas de doute que les événements qui ont eu lieu il y a 40 ans s’inscrivent dans un moment de l’histoire où des manifestations sur toute un gamme questions sociales étaient plus à la norme que de nos jours». Reste à voir si la position de l’administration est ferme ou si elle changera à l’issue de la rencontre entre elle et la commission.