25 novembre 2014

25 novembre 2014

Société | 3 février 2009
Retour aux sources
Un dossier sur le slam

«La poésie est morte!» est une phrase que l’on peut entendre souvent dans une soirée de performances scéniques. Mais n’est-ce qu’une phrase jetée à la légère par un animateur, ou est-ce que la poésie est réellement morte? D’abord, qu’entend-on par poésie? Puis, comment est-elle morte et comment a-t-elle été vivante? Le Délit a décidé d’explorer la question de la performance, plus particulièrement chez les poètes dits «slammeurs».

Dans une conférence intitulée «Le poème et la performance» donnée à McGill vendredi dernier, Sébastien Dulude a stipulé qu’une performance s’insère dans un cadre bien précis où la frontière entre le performateur et les spectateurs est abolie et le contact, fondamental. Il a expliqué que la performance a souvent, dans les siècles passés, permis un mélange des catégories et la naissance de courants d’avant-garde. Elle naît d’un désir de donner un rôle actif au créateur. L’objet d’art se détache de son statut figé d’œuvre, des bornes historiques qui le réduisent parfois à une seule essence. L’objet d’art s’ouvre, dans le sens d’œuvre ouverte comme l’entend Umberto Eco, et elle laisse au lecteur la responsabilité de trouver sens. Sébastien Dulude donne comme exemple les volumes géométriques de Donald Judd qui, plus ou moins, se perdent dans leur ressemblance. Et dont l’intérêt naît du rapport entre l’objet et celui qui le regarde. Ainsi, l’objet d’art crée un instant. Cette notion d’«instant» est capitale dans la performance.

Dans un entretien du Délit avec Pascal Brissette, professeur au Département de langue et littérature françaises de McGill, ce dernier signale que la poésie précède toute forme d’imprimé. La poésie, par son oralité et sa relation avec le théâtre, remonte à l’Antiquité et au Moyen Âge. Le «slam poésie», lui, est né d’une réaction contre une communication trop médiatisée, qui venait remplacer une communication actuelle, c’est-à-dire entre des individus dans un même cadre spatiotemporel. L’idée du slam développée par Marc Smith est de démocratiser l’exercice poétique. «C’est un va-et-vient entre la scène et la salle», affirme M. Brissette. Les XVe et XVIe siècles, avec les débuts de l’imprimerie, ont valorisé le savoir livresque. La parole était liée au fanatisme et la raison, aux philosophes, donc à l’écrit. Pourtant, l’oralité est toujours restée présente: le XVIIe possède un corpus considérable de chansons à boire, scabreuses et politiques. Socrate ne disait-il pas que son démon lui soufflait des mots à l’oreille?

L’antagonisme entre l’écrit et l’oral est chose certaine, mais est-ce que la poésie peut vraiment être morte? Quel est ce décès de la poésie que tonnent certains poètes?


Mathieu Lippé

Mathieu Lippé, on pourrait dire, est né la plume… dans la bouche. Chansonnier, conteur et poète, Mathieu est un artiste de l’oralité. Cette année, il a gagné le titre du meilleur slammeur du Québec.

Le Délit (LD): Sur votre site Internet, vous vous désignez comme conteur, chansonnier et slammeur, pourquoi pratiquer ces trois formes? Qu’est-ce qui les relie ou les distingue?

Mathieu Lippé (ML): Ce qui les relie? Les mots. Leur son, la musicalité du verbe. C’est un art global: parler. Dans la société actuelle, on se spécialise. De nos jours, c’est qui fait quoi et comment. C’est une ramification de l’unité. Parler, c’est conter, chanter, faire des poèmes. Moi, je suis un généraliste. J’englobe les choses. Les poèmes découlent de la réflexion, de la pensée. Je suis un artiste qui fait le chemin vers la source.

LD: Justement, il semble que vous vous rapprochiez du slam d’origine, qui n’est que performé, car il est difficile de trouver des enregistrements de vos performances scéniques. Il faut presque vous attraper sur scène.

ML: Le slam, c’est une poésie orale destinée à redonner ses lettres de noblesse à la rime. C’est à partir du conte qu’est né le slam pour moi. Dans la chronique «Narrateurs atypiques pour un siècle hystérique», je l’explique. Le slam, c’est l’imagination. Avec le temps, j’aurai envie de les diffuser.

LD: Qu’est-ce qui diffère tant du slam écrit et du slam oral?

ML: C’est très différent. Qui prend réellement un CD de slam et l’écoute chez lui? (Il rit.) Tout est dans la réceptivité, faire naître l’instant, l’inattendu, la surprise, la chose est spontanée. C’est presque religieux. Un moment de grâce, de communion entre le public et le slammeur. C’est un art au service de la communauté. Ce qui est beau dans l’oral, c’est que c’est inaccessible. Mais tout ça, l’art, l’esthétisme, les acrobaties verbales, c’est seulement la pointe de l’iceberg de la performance. Sur scène, on a accès au passé de chacun, à la charge vibratoire. De nos jours, on est séparé du monde virtuel, de l’imaginaire. L’imaginaire est laissé dans les machines. Ce que je fais, moi, c’est réactiver mon imagerie intérieure. On est aveugle, on est limité dans une fréquence de vie. Il n’y a pas «d’infrasenti», d’ultrason. Je me responsabilise tant bien que mal des joyaux de la vie. Je doute, je creuse, j’aspire… Je suis un porteur d’eau. C’est comme si j’amenais les gens à travers la brume vers une île. Puis, quand ils ont vu l’île, ce paradis, je leur dis que c’est possible là où ils sont.

LD: C’est intéressant, cette image. Quand on pense à la littérature, il y a toujours eu des courants littéraires forts, mais il semble que notre siècle soit plus éclectique. Le slam, être slammeur, c’est un peu comme être un poète des Lumières?

ML: Oui, un peu. Il faut faire attention avec les mots, mais un slammeur, c’est un prophète. Le slam, c’est la parole vivante. Ce sont comme des formules magiques pour créer des instants. Ceux qui sont en littérature, c’est un peu l’objectif, non? Le monde astral, les rêves, créer des voyages… Le slam, c’est créer un contact.

LD: D’après vous, qu’est-ce qui empêcherait le contact entre l’art et les gens?

ML: Dit comme ça, «l’Art», on le sent, c’est très noble. L’être s’est sorti de l’œuvre. On considère l’environnement extérieur à nous, alors que quand je parle, j’ai la nature qui m’interviewe. Quand tu me parles, c’est à la nature que tu parles. La nature est à l’intérieur de chacun. De nos jours, on subit moins, on s’est séparé. Il faut s’engager pour être en contact.

LD: Vous disiez que votre premier contact avec la poésie slam s’est fait à Paris. Quelle est la différence entre le slam à Paris et celui à Montréal?

ML: Le slam, c’est de la poésie orale. J’en ai toujours fait, mais c’est quand je suis allé à Paris que j’ai découvert qu’on appelait ça du slam. À Paris, c’était très diversifié. Il y a deux sortes de jeux dans le slam. Il y a la rencontre amicale, qui est efficace dans l’aspect. La règle est simplement de slammer pendant trois minutes. C’est une allégresse du propos, c’est plus naturel. Puis, il y a le slam compétitif. Ça, c’est pour le dépassement de tes amis, mais surtout de toi-même. Mais le slam, c’est finalement dans la forme, ça se réduit aux trois minutes. Ça peut être un monologue, un conte, ça peut être rappé. Les rimes, ce n’est pas nécessaire. C’est un retour à la poésie orale. Les propos peuvent varier du spirituel à l’émotif, de l’intellectuel au physique. Je peux réellement rentrer en contact physique avec toi, t’interpeller physiquement, te toucher.

LD: Dans votre processus de création, est-ce que l’oral domine sur l’écrit ou le contraire?

ML: C’est autant écrit qu’oral. C’est un exercice de la langue, c’est un travail constant. En ce moment, je travaille, je parle, j’écoute. Je pratique en ce moment. Par exemple, «l’être est sorti de l’œuvre», c’est une phrase que je réutiliserai. La parole et l’écrit sont imbriqués.

LD: Mais il y a tout de même des jeux de mots qu’on ne peut que lire, et qui se perdent à l’oral?

ML: Quand c’est écrit, il n’y a plus de plaisir. Tout est là, on ne cherche plus. C’est un peu comme faire l’amour la première nuit. (Il rit.) Ce n’est pas vraiment plaisant. Devant un texte, on voit le squelette, mais on n’expérimente pas avec la poésie. Ce qui est formidable c’est d’entendre, de découvrir. Qu’à chaque fois, on se dise: «Hé, j’ai trouvé ça, ça, ça!» Le but n’est pas de montrer que je suis capable de faire des exercices de style, mais que ceux-ci sont au service d’un sens, et ce sens c’est la création de l’instant, la jouissance. Le cerveau arrête d’analyser, il jouit.

Ivy

Ivy est un amoureux de la poésie. Il en est peut-être même un peu l’ambassadeur. Une chose est certaine, Ivy a fondé la première scène de slam au Québec et il continue de l’influencer.

LD: Vous dites parfois qu’il y a une perte d’impact de l’art sur le monde. Pourquoi croyez-vous qu’existe cette perte d’interaction?

Ivy: Ce que je veux, c’est que l’art ait un impact autre que le divertissement. Que l’art soit plus empirique, pas nécessairement systématique. Déjà, je distingue poésie et poème. La poésie, pour moi, est une faculté qu’on a tous de poétiser le langage. Je pense plus à la poésie qu’à l’art parce que je ne suis pas tellement qualifié pour parler d’art. La poésie, en dehors de la pratique du poème qui appartient au poète, appartient à tous. Il y a très peu d’avancées qui ont été faites depuis l’époque des Grecs. L’époque moderne n’a pas poussé dans ces expériences-là. On a beaucoup analysé, mais ça ne change rien au fait que la poésie a peu d’impact dans le monde aujourd’hui.

LD: Pensez-vous qu’elle a peu d’impact à cause d’une idée très canonisée de la poésie, et également de sa forte relation avec l’écrit?

Ivy: Oui, que la tradition du poème soit plus écrite depuis plusieurs siècles, c’est en quelque sorte un problème. Mais je fais vraiment une distinction entre la poésie et les poèmes, et les traditions littéraires propres à chaque pays. Il y a des spécialistes, les poètes à la limite, qui avaient jusqu’à maintenant la mainmise du discours sur la poésie. Je travaille à faire comprendre aux gens que la poésie, les poètes n’en ont pas le monopole. Ce sont peut-être des gens qui, à travers le poème, la cherchent, ou des gens bien placés pour discuter de la poésie, mais ils n’ont pas la vérité ou la parole officielle de la poésie. La poésie est une force active, c’est le pouvoir qu’on a tous de franchir les évidences pour créer du sens d’une manière tout à fait arbitraire. Les enfants vont prendre au pied de la lettre des expressions figées. Si tu leur dis qu’«il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain», généralement l’enfant va partir en criant, il va avoir peur. Et donc ils font d’une manière tout à fait naïve et spontanée une utilisation poétique du langage. J’écoutais une chanson qui disait «la vie ce n’est pas rose», et ma fille me demande: «Papa, la vie si c’est pas rose, c’est quelle couleur?» C’est une question stupide, mais c’est une question poétique, donc tu rentres dans son jeu en te disant que ce que tu viens de dire c’est la vérité, et tu réfléchis à la couleur éventuelle de la vie, et ça peut t’amener à une belle grande œuvre littéraire: les jaunes dans la vie, les bleus dans la vie…

LD: Sur cette anecdote de votre fille justement, il y a des jeux de mots dans votre CD Slamérica qu’on ne peut voir qu’à la lecture. Comment procédez-vous à la création?

Ivy: C’est toujours l’écriture qui est là en premier. Mais j’ai aussi une pratique du poème oral. Je ne sais pas si je peux parler de poésie orale, il y a de la poésie dans ce que je fais, mais ça ressemble plus à des chansons. J’ai beaucoup aimé les surréalistes, dont Claude Gauvreau. Ces gens faisaient beaucoup confiance à la langue. On n’a pas souvent noté dans les études cette confiance, cette idolâtrie que les surréalistes ont pour la langue. Ils croient vraiment que s’ils se laissent aller, la langue va leur révéler des secrets. Je trouve fantastique ce pouvoir du langage .

C’est donc tout le processus de l’organisation du sens. C’est pour ça que je trouve la poésie si fondamentale. On est une société de l’écrit, hautement langagière. C’est la poésie qui vient remettre la vie dans la mort.  Les mots, ce sont des sarcophages, ils sont momifiés, c’est mort. C’est là qu’est la difficulté, parce que la poésie est tellement mise à l’écart de nos jours, les poèmes ont tellement peu d’incidence sur la réalité, que ça en dit beaucoup sur le degré de capacité que le système a d’intégrer des choses qui sont vraiment humaines. Quand des concepts abstraits ont plus de force que les poèmes, je trouve cela inquiétant. Donc, par le slam, on ne démocratise pas, on dit aux gens: «Faites-vous plus confiance». Coupez votre tête et laissez parler votre main. C’est sûr que c’est naïf, mais on l’a pas encore essayé. Il faut faire la promotion de la poésie. Je pense qu’il y a un désengagement du poète. Mettre plus de poésie dans le monde, c’est ça qui compte.

LD: En étant plus authentique, en utilisant des sujets qui nous touchent plus, il y a donc une rythmique instinctive qui naît du langage. Mais notez-vous parfois une forme récurrente, un jeu d’assonances comme il est possible d’en retrouver dans l’improvisation?

Ivy: Oui, beaucoup. Entre le premier jet et la finalité d’un texte, il peut se passer des années. Tant que c’est pas coulé sur disque, ou préservé quelque part, ça dure le temps d’une performance. L’éphémérité de l’oral permet de jouer sur la capacité des gens de mémoriser des choses, de se rappeler qu’il y a une minute je parlais déjà de ça et d’une autre façon. C’est un tout autre défi. L’écrit, c’est pesant comme la Bible, c’est la loi en quelque sorte.

LD: Vous êtes un peu une icône, sinon un pionner du slam. Mais avec vos spectacles à la Place des Arts, croyez-vous que c’est un pas vers l’avant pour le slam ou est-ce que c’est complètement autre chose?

Ivy: Il faut s’entendre sur ce qu’on appelle slam. Je crois beaucoup à ce que Mark Smith a créé: trois minutes sans accessoires, ton texte est jugé par cinq personnes du public choisies au hasard. Un spectacle avec la musique du disque, ce n’est plus vraiment slam. Même si ce sont des textes que j’ai faits pour le slam et qu’après je ramène avec de la musique. Mais à quelque part ce sont des poèmes, et puisqu’ils sont dits à voix haute, c’est un peu du slam. Un événement comme celui de la Place des Arts, c’est quelque chose d’assez chouette.

LD: Parlez-moi un peu des soirées slam que vous avez fondées.

Ivy: La première était au Patro Vys le deuxième lundi de janvier 2007. J’invite des conteurs, des rappeurs… J’ouvre le discours de la poésie à un public plus large. De plus en plus, il y a des gens qui font des soirées, je me prépare déjà mentalement. (Il rit.) Ce qui me fait plaisir dans un show de slam, c’est voir des poètes venir déclamer des textes et le public qui embarque. Ce qui m’ennuie, c’est quand on oublie le but du slam, c’est-à-dire le public.

LD: Donc le slam devrait être plus engagé?

Ivy: On peut faire n’importe quoi à «saveur slam». Ce n’est pas simplement une soirée où les gens déclament leur texte librement. En France, c’est toute une invention qui marche. Ici, la scène ouverte, ce n’est pas quelque chose qui manquait. On n’est pas une société hiérarchisée de la même façon, les poètes ont quand même joué un rôle dans les années soixante-dix. Les gens sont amants de la langue ici.

LD: Quelle serait la différence, autre que les trois minutes et le jury, entre le slam et le rap freestyle?

Ivy: Dans le slam on n’est pas obligé de faire du rap. Dans le slam, tu n’as pas de style. Ça peut être un poème intime, un poème déprimant, un poème avec ou sans rime… Dans le rap, il y a un beat, alors que le slam, c’est déclamé, parlé. Il n’y a pas de rigidité dans le style. C’est à chacun son style qui se développe. Le rap qui veut dire rythme et poésie, rhythm and poetry, ça utilise énormément l’aspect rythmique du langage. Avec le slam, ce n’est pas obligé. Grand Corps Malade n’utilise pratiquement pas l’aspect rythmique du langage, c’est simplement du sens… bien fait parce que ça tombe juste avec les rimes.

LD: Je reviens au début de notre entretien, et aux dimensions écrites et orales de vos textes. Pourquoi ou comment l’écoute, selon vous, peut-elle –ou pas– valoir l’écrit?

Ivy: L’écoute est plus facile que l’écriture. Les textes de slammeurs qui marchent bien, tu les lis et tu dis «bof». Les jeux de mots sont trop évidents. Il manque la vie. Même sur disque, ça n’a rien à voir avec le show, un événement de communication live. C’est débandant un texte de slam dans un livre. C’est pour ça que j’ai truffé le livre qui accompagne mon disque de poèmes et de récits, pour ne pas qu’on soit pris avec le slam comme tel.

LD: Enfin, croyez-vous que cette poésie de la performance est dans un rapport de concurrence ou de complémentarité vis-à-vis de l’écrit?

Ivy: C’est une question complexe. Le slam est un événement particulier qui met l’accent sur le public. C’est une activité presque sociale, politique. Je dis souvent ça, et les poètes me le reprochent, mais je le dis parce que je trouve que c’est une belle image. Dans une soirée de poésie, les poètes sont comme des prêtres qui prêchent à des convertis, tandis que nous les slammeurs, on est poètes, mais on est des missionnaires qui vont prêcher aux païens. On a tous les deux la même religion, la poésie, mais nous on est un organisme social et actif. On va dans les gens, on slam dans les métros, aux abribus. Et même si tu mets des poètes qui lisent leur poème aux abribus, ça n’a pas le même effet qu’un slammeur. Ce n’est pas la même façon d’apporter les mots. Pour ce qui est de laisser sa marque, je ne crois pas qu’il y a beaucoup de slammeurs qui ont des textes qui vont supporter le passage du temps. C’est un phénomène comme la musique rock, populaire, scénique, spectaculaire. Je suis content, déjà, que ça ait rejoint ça. C’est le but de Mark Smith: 50 p. cent de texte, 50 p. cent de scène. Pour moi, ce n’est même pas de la poésie contemporaine, le slam. Pilote le Hot, un des fondateurs de la Fédération de slam en France, a dit que le slam, c’est plus une façon d’écouter la poésie que d’en faire. Dans le slam, il se passera peut-être un jour, on l’espère, une chose incroyable: que la poésie sorte enfin des cercles littéraires, des institutions, pour rejoindre tout le monde dans la rue, et à partir de là, infuser les gens pour que, de plus en plus, notre société se poétise. Ça, déjà, ce serait pas mal. Moi, c’est ça mon but. Pas que le slam ait sa chaire, mais que les gens soient plus poétiques quand ils regardent leur enfant. D’accueillir l’inconnu, d’avancer dans le risque du langage, dans le risque d’eux-mêmes.