McGill centralise l’administration
20 janvier 2009
McGill veut restructurer le Service de la planification et de l’analyse institutionnelle par le biais d’une centralisation administrative.

La semaine dernière, le vice-principal exécutif de l’Université McGill Anthony Masi a annoncé la nomination d’un nouveau membre de la haute direction.  Pierre Moreau, qui prendra officiellement ses fonctions le 11 février 2009, occupera le poste de directeur général du Service de la planification et de l’analyse institutionnelle. Il servira également au nouveau poste de conseiller principal à l’élaboration de politiques après avoir quitté ses fonctions actuelles de président de l’Université du Québec.

Le professeur Masi précise que McGill «cherche depuis dix-huit mois à restructurer le Service de la planification et de l’analyse institutionnelle. D’ailleurs, nous cherchons un nouveau directeur depuis quelques temps.» Les administrateurs de McGill veulent transformer le service pour qu’il tienne davantage compte du volet «recherche institutionnelle», parallèlement au côté purement «planification physique» des installations universitaires. «Nous avons eu vent de ce que Pierre Moreau avait l’intention de quitter l’Université du Québec, et la rectrice et moi avons déterminé qu’il avait toutes les compétences requises pour diriger le groupe de recherche institutionnelle», a affirmé le professeur Masi.

La nouvelle nomination est perçue du côté étudiant comme une initiative de centralisation dans la haute direction de l’université. «McGill réalise qu’elle doit centraliser, et c’est quelque chose qu’elle priorise», a affirmé Kay Turner, présidente de l’Association étudiante de l’Université McGill. Turner se dit pourtant satisfaite de la nouvelle nomination. «Il est difficile d’évaluer un administrateur avant de voir le travail qu’il fera. Cela dit, nous n’avons entendu que de bonnes choses à son sujet», a-t-elle livré.

En plus de ses fonctions, Pierre Moreau occupera également le rôle de conseiller principal. Selon le vice-principal Masi, il est nécessaire «d’avoir quelqu’un qui a un sens solide de l’analyse et est habilité à penser stratégiquement et proposer des politiques. Pierre a ces deux qualités.» M. Moreau devra rédiger des politiques que l’université présentera aux divers gouvernements. «Les universités doivent souvent faire affaire avec les gouvernements. Les politiques ne seront pas seulement en réaction aux politiques du gouvernement, mais nous espérons qu’elles pourront les influencer», précise le professeur Masi.

Selon Mme Turner, il semble important d’avoir une personne en charge du service. Mais, souligne-t-elle, «la centralisation peut être une mauvaise chose. Il est cependant trop tôt pour déterminer s’il s’agira de quelque chose de positif pour les étudiants.» Quoi qu’il en soit, le Service de planification et d’analyse institutionnelle est au cœur de l’université. «La planification et l’analyse institutionnelle affectent tout ce qu’on fait à l’université. Il est difficile de cibler un intérêt en particulier pour les étudiants parce que c’est si central à notre éducation», dit Mme Turner.
Monsieur Moreau a été nommé par la haute direction, mais les étudiants espèrent pouvoir contribuer aux projets qu’il entamera. «[Les administrateurs] prennent des décisions qui deviennent parfois des dossiers prioritaires pour nous. Il vaut donc mieux communiquer avec nous dès le début pour éviter des problèmes plus tard.» Madame Turner est confiante que les administrateurs seront attentifs à leurs suggestions: «Dans la majorité des cas, [les administrateurs] sont ouverts et apprécient notre participation.» Ceci dit, M. Masi assure que les soucis des étudiants leur parviendront par les canaux de communication où participent les étudiants, notamment le sénat universitaire. Monsieur Masi, affirme-t-il, rencontre souvent les étudiants pour discuter de leurs préoccupations.

Cette nouvelle nomination ne semble pas pour autant faire partie d’un réaménagement de la haute direction. «Je ne crois qu’on anticipe un réaménagement de l’administration. Mais nous avons hâte de renforcer nos capacités analytiques pour appuyer les positions que nous prenons», a dit le professeur Masi.