Une comédie sucrée
1 avril 2008
Caramel, un film d’origine libanaise qui a su attirer l’attention au dernier Festival de Cannes, arrive enfin sur nos écrans.

Le Liban, c’est plus que la souffrance, plus que des conflits politiques sans fin. Voilà le message que tente de passer Caramel, qui a traversé l’Atlantique la semaine dernière pour venir s’installer dans nos salles de cinéma. Dans ce long métrage, la guerre et la misère sont complètement laissées de côté pour accorder toute la place à la vie quotidienne d’un groupe de femmes libanaises. Les rues de Beyrouth sont ainsi vues sous un autre jour, souvent oublié des médias. Pas de bombes, pas de politique, simplement des femmes, des amies qui, à leur manière, tentent de vivre leur vie.

C’est avec beaucoup de finesse et d’humour que Nadine Labaki a réalisé Caramel, son premier long métrage. Malgré son peu d’expérience, elle nous offre une oeuvre touchante et d’une grande justesse. Les images sont magnifiques, la musique envoûtante, l’atmosphère du film véritablement unique. Et Labaki ne fait pas que briller derrière la caméra, elle est également resplendissante dans le rôle de Layale, une jeune coiffeuse à la vie sentimentale complexe.

Visuellement, Caramel est un petit bijou. Il émane de l’écran une certaine chaleur, une lumière qui peuvent difficilement laisser le spectateur indifférent. Une grande attention est portée aux petits détails qui sont habilement mis en valeur par des gros plans ou des mouvements de caméra, ajoutant ainsi beaucoup de charme au film.

L’intrigue est toute simple, mais attention! Caramel est plus qu’une banale comédie romantique calquée sur le modèle hollywoodien. C’est une ode à la féminité. À travers ses personnages, chacune des facettes de la femme est explorée. On y retrouve, entre autres, les figures de la mère, de l’épouse, de l’amante et de l’amie, sans toutefois tomber dans le stéréotype. Les différentes actrices, qui sont d’ailleurs très bien choisies, personnifient la beauté, l’élégance et le charme à leur manière. Elles trouvent toutes leur place dans cette grande célébration de la femme qu’est Caramel.

Si chacune des actrices remplit très bien son rôle, une mention spéciale doit cependant être accordée à Aziza Semaan, l’interprète de Lili, une vieille dame du voisinage qui n’a plus toute sa tête. À la fois adorable et hilarante, elle n’a pas manqué de faire sourire l’auditoire lors de ses apparitions à l’écran. C’est avec une naïveté touchante que, à travers elle, le film propose une réflexion sur la vieillesse et la solitude.

La plus grande réussite de Caramel, pour le public occidental, reste sans doute sa capacité de représenter un univers qui est à la fois si loin et si près de nous, à la fois exotique et familier. Exotique parce qu’il nous fait voir une culture fondamentalement différente de la nôtre, mais également très familier dans l’universalité des thèmes qui y sont abordés. Rien d’étonnant, donc, à ce que cette comédie, qui n’a rien de superficiel, fasse depuis quelque temps le tour du monde et accumule les succès.

 
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